C’est en musicien que j’ai d’abord rencontré l’art de Benoît Jacques, ce dernier ayant eu l’idée de partir de la notation musicale (en tant que pure apparence graphique) pour inventer quelques partitions injouables, mais évocatrices d’improbables concerts. Sous-titré A note book by Benoît Jacques, Play it by ear (1989) a le don de faire hurler de rire les interprètes et les compositeurs qui le placent du côté des partitions dessinées d’Erik Satie auquel il est d’ailleurs rendu hommage.

Prologue. Quand j’étais apprenti compositeur, dans le deuxième tiers des années 1970, donc peu de temps après les événements de mai 68 où la plupart des institutions avaient été remises en question, il n’était plus question d’aller étudier au Conservatoire de Paris, même si Olivier Messiaen y avait encore sa classe (s’étant clairement positionné du côté du pouvoir que nous combattions, ce dernier avait alors perdu de son aura).