« Il faut prendre soin de ceux qui restent et enterrer les morts. On n’écrit pas autre chose. Des tombeaux » avançait Mathieu Riboulet, partageant sa voix avec Patrick Boucheron, à l’entame de Prendre datesà propos des attentats de 2015 pour venir dire combien, désormais, à la mesure des morts qui peuplent les jours et les nuits, il appartient à chacun d’œuvrer non à la déploration continue et au deuil irréversible des êtres disparus mais d’en convoquer la revie depuis la littérature même.

Emmanuel Macron aime lire. On connaissait déjà son goût pour la mythologie grecque antique, voilà qu’il dégaine à présent son amour du romanesque, dans un entretien à la Nouvelle Revue Française (pas moins). Son amour, ou plutôt celui qu’éprouve le « peuple français », épris d’aventures hautes en couleurs, de drame, voire d’un certain sens du tragique qui met en valeur les contrastes et exacerbent les émotions.

Mathieu Riboulet © Sophie Bassouls

Que dire lorsqu’un écrivain meurt ? L’écrivain est ses livres et les livres ne meurent pas. Ils peuvent être oubliés, ne plus être lus, mais ils ne meurent pas. Que dire sinon, peut-être, le silence, se taire ? Et lire les livres.

Mathieu Riboulet vient de décéder, lisons ses livres.

En hommage, nous republions un article écrit lors de la parution des Œuvres de miséricorde, en 2012.

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Avec plus de 10 éditions à son actif, plus de 100 rencontres protéiformes sur deux semaines, 144 auteurs et artistes invités en 2016 et plus de 30 lieux partenaires, Hors-Limites est unique en France. Le festival, qui se tiendra cette année du 1er au 16 avril est le temps fort du travail de fourmi mené toute l’année sur le terrain par l’association Bibliothèques en Seine Saint Denis qui réunit la majorité des bibliothèques et médiathèques du département et coordonne Hors limites. Il s’étend sur tout le territoire et explose les frontières artistiques et socio-économiques en travaillant en amont avec les bibliothécaires sur la programmation et la médiation de cet évènement d’envergure.
Une cohérence, une intégrité et une humilité qui fidélisent chaque année un peu plus de partenaires, d’auteurs et de publics (plus de 3000 visiteurs en 2015), mais dont la voix peine encore à se faire entendre de l’autre côté du périphérique…

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Depuis plusieurs années, l’énigmatique nébuleuse Général Instin se manifeste de différentes façons : internet, affiches, textes, manifestations de rue, etc. A l’occasion de deux publications aux éditions Le Nouvel Attila, Patrick Chatelier et Guénaël Boutouillet exposent dans cet entretien certains des partis pris et des orientations de ce projet polycéphale et nomade.