Jean-Luc Godard dit qu’il ne veut rien expliquer. Je ne veux rien expliquer, non. Il dit qu’il ne sait pas grand-chose. Est-ce que l’on a le temps d’expliquer ce que l’on ne sait pas ? Expliquer à partir, avec ce que l’on ne sait pas ? Jean-Luc Godard dit que lorsque le cinéma est né il avait une fonction de fiction et une fonction de documentaire et que ces deux fonctions se sont très vite mélangées. Le cinéma est fait pour être un document. Le cinéma est fait pour penser. Peut-on penser sans documents ? Et sans documents qui soient des images.
Jean-Luc Godard
« Nous venions d’emménager dans un appartement (…) au 17 de la rue Saint-Jacques, dans le Ve arrondissement », « idéalement situé, près de la Sorbonne, du boulevard Saint-Michel et de la Seine », offrant une vue panoramique sur tout le quartier à Anne Wiazemsky et son compagnon, Jean-Luc Godard.
Dans les dernières images traversées d’obscurité de La Captive, sans doute l’un de ses plus beaux films, pareil à un cristal de douleur, Chantal Akerman laisse l’écran vide, le fait se perdre hagard dans la solitude d’une nuit sans trêve, de celle qui vient à la jeune Ariane, l’Albertine dont Simon perd le fil, qui se jette, elle de sa toute sa solitude, dans une mer d’encre noire où de son nom ne résonnent plus que les vagues qui l’emportent.
À travers ses doubles – Frantz Fanon, Jean-Luc Godard –, John Edgar Wideman mène dans Le Projet Fanon (Éd. Gallimard) son questionnement politique. « Tout n’est qu’une seule et unique chose, à jamais, le monde que je fabrique à partir de moi-même, le moi-même que le monde fait de moi. »