L’arrivée de Winner dans la baie de Dalmore, photo Andrew Milligan PA.

C’est fort loin l’Atlantique Nord et, de fait, tout le monde a sans doute déjà oublié que le 7 août 2016, une plate-forme pétrolière s’est mise à dériver pour aller s’écraser contre les rochers de la superbe baie de Dalmore, au nord de l’Écosse. Elle n’a pas dérivé seule, de son propre chef. Les entreprises d’exploitation du pétrole offshore avaient donc décidé qu’elle avait fini sa carrière (trente-trois ans, un chiffre hautement symbolique) et elle devait être remorquée jusqu’aux chantiers navals chargés de sa destruction et situés…à Malte, ce qui tombe sous le sens ! Soit un périple de 1.850 kilomètres, symbole de la folie furieuse des humains — enfin de certains, présumés tels — lorsqu’il s’agit de logique et de préservation de l’environnement.

Sur le lieu de la mort de Macbeth tué par le fils de Duncan, Dufftown, Écosse, 2002.

« Nous sommes maintenant à Banffshire (Highlands) et je me trouve au milieu des ruines de Balvenie Castle, Dufftown, où Mary Stuart a vécu. Hier, nous sommes allés à vélo à Cawdor (Thane of Cawdor, env. 1050, le Macbeth de Shakespeare) où Duncan a été assassiné. À bientôt. Tendresses ».

Philip Roth, L’Écrivain des ombres (traduction Henri Robillot, Gallimard)

Bruce McLean
Bruce McLean, 1971, photo Tanya Leighton Gallery, Berlin

Bruce McLean est un artiste écossais qui est à l’art en général ce que le couteau suisse est au bricolage rapide. On trouve tout dans le travail et l’œuvre de McLean, et il a, jusqu’à présent, abordé tous les domaines, peinture, sculpture, céramique et collages. Il s’est aussi aventuré, brièvement, jusqu’à l’écriture. Il est considéré comme une figure majeure de l’art britannique contemporain. Depuis le 15 avril jusqu’au 15 mai il expose à la galerie londonienne For Arts Sake (littéralement, pour l’amour des arts), dans Bond Street, à l’ouest de la capitale entre les quartiers de Southall et Ealing, tout près de l’université de West London. Et il a intitulé son exposition An Exhibition of Myself, ce qui résume assez bien son approche de l’art. 

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En 1980, Raymond Depardon répond à une commande du Sunday Times Magazine, une série de photographies réalisées lors de deux séjours à Glasgow, en juin et septembre. Le reportage ne sera jamais publié. Raymond Depardon a exposé quelques photos de la série au Grand Palais (Un moment si doux, en 2013-2014) ; le voici enfin reproduit en intégralité dans un livre sublime, au Seuil, préfacé par William Boyd. 72 photographies non légendées, elles parlent d’elles-mêmes, même si parfois les mots sur une pancarte ou une devanture dans la photographie en semblent le commentaire : « Revolution« , « some children pay a terrible price« .

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En 2014, Kerry Hudson publie son premier roman, Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, un livre au ton singulier, entre réalisme cru et poésie pop. En 2015, son second roman, La Couleur de l’eau, est couronné par le prix Femina. C’est le lendemain même de la remise de ce prix que nous avons rencontré la romancière écossaise pour un long entretien.