Voici un livre étonnant. Il rassemble des auteurs aujourd’hui illustres qui, autrefois, ont commencé une thèse universitaire, l’ont poussée loin, puis n’ont pas abouti — renonçant ou échouant. L’auteur, Charles Coustille, inscrit ce propos qui peut paraître anecdotique dans une perspective plus vaste jusqu’à se demander : qu’est-ce qu’une thèse en fin de compte et quelle fut l’histoire de sa version française ? Ou bien encore : qu’est-ce que le thétique, cette belle notion toute embuée de mystère ?

Olivier Cadiot
Olivier Cadiot

« Chaque écrivain qui naît ouvre en lui le procès de la Littérature » lançait naguère Roland Barthes, désignant dans Le Degré zéro de l’écriture d’un geste épris d’intransigeante modernité, cet instant inouï où tout livre débute, à chaque fois, pour définitivement recommencer en soi la Littérature. De telles considérations qui entendent donner, dès son orée, l’écriture comme l’indépassable sursis d’une Littérature perpétuellement redébutée et en redessiner l’impossible histoire depuis son intime faillite toujours reculée résonnent comme le parfait liminaire à la lecture de l’incisive Histoire de la littérature récente, tome I, brûlante d’énergie qu’Olivier Cadiot qui paraît en poche aujourd’hui, chez Folio.

Virginie Despentes (DR)

C’est quoi l’esprit d’un peuple ? Vieille question des romantiques et des nationalistes, des philosophes et des politiciens, qui revient hanter, en boomerang, la trilogie de Virginie Despentes, et que son dernier tome, tout juste paru, loin de boucler, relance de façon vertigineuse. Une « sorte de bande », « brigade bisounours », « communauté bizarroïde », « secte »,
« convergence » ou « égrégore », tels sont les termes qui tentent de saisir l’insaisissable bande à Vernon, constituée au fil des épisodes.
Vernon Subutex, au départ, n’est pourtant que l’histoire d’un type qui survit. Par Chloé Brendlé

Diane Von Furstenberg

Valentino

Le temps a passé et tu t’es retournée pour voir ce qu’il en était. Tu m’as dit : Viens voir, regarde, l’érable pousse et la vigne bourgeonne… Le temps a passé et nous sommes en avril… Mai. Le printemps que l’on espérait est arrivé, du moins dans le calendrier, les jours étirent leur bras du matin au soir, la bise laisse place à la brise, parfois, mais le soleil est encore frais. Alors oui, le temps a passé et sur nos corps, au taquet, s’apprêtent d’importantes collections d’impressions : des feuilles des fleurs des bois, de la verdure pour le futur.

Tu regardes les défilés de mars en pensant que ce sera un nouvel automne, un nouvel hiver, tu me dis : déjà !  Parfois il arrive que celui-ci ne nous a pas encore vraiment lâchés.

Paru ce printemps aux éditions Grasset, La Littérature sans idéal, nouvel et stimulant essai du romancier Philippe Vilain, s’impose déjà comme un ardent foyer de polémiques tant, par ses vives réflexions, il vient à questionner le cœur nu de la littérature contemporaine. Relecture intransigeante du paysage actuel égaré entre mercantilisme et impossible aveu de sa puissance à faire style, l’analyse de Vilain, portée par une prose à l’exigence moraliste qui a fait la vertu neuve de ses récits, ne manque pas de susciter des débats féconds sur lesquels Diacritik a voulu revenir avec lui le temps d’un grand entretien.

zeugma02

Ce matin, en ouvrant ma boîte aux lettres et ce petit livre de Jérôme Garcin, mon sang de critique n’a fait qu’un tour. Flaubert, Proust, Céline, Frédéric Dard, Hugo, ils ont tous succombé un jour à l’appât du zeugma comme on écrit à son contrôleur des impôts : avec déférence et la plume tremblante. Et l’auteur des Meilleurs zeugmas du Masque et la Plume de leur rendre un hommage appuyé et ce qui leur appartient.

Olivier Cadiot
Olivier Cadiot

« Chaque écrivain qui naît ouvre en lui le procès de la Littérature » lançait naguère Roland Barthes, désignant dans Le Degré zéro de l’écriture d’un geste épris d’intransigeante modernité, cet instant inouï où tout livre débute, à chaque fois, pour définitivement recommencer en soi la Littérature. De telles considérations qui entendent donner, dès son orée, l’écriture comme l’indépassable sursis d’une Littérature perpétuellement redébutée et en redessiner l’impossible histoire depuis son intime faillite toujours reculée résonnent comme le parfait liminaire à la lecture de l’incisive Histoire de la littérature récente, tome I, brûlante d’énergie qu’Olivier Cadiot vient de faire paraître chez P.O.L.