Après 366 pages de lecture, on ne sait toujours pas pourquoi le personnage principal du Poison boit comme il boit, c’est-à-dire comme un trou, un gouffre, un abîme. Ce n’est ni pour la soif ni pour le goût, car soit il avale vite et ne profite pas de l’instant, soit il boit lentement pour seulement « savourer de dévaler ». Ni parce que son père est parti trop tôt et que sa mère, à l’inverse, était trop présente, ni parce qu’une association d’étudiants, la mal nommée Fraternité, l’a humilié en l’excluant de ses rangs. Ou peut-être un peu pour toutes ces raisons, qui sont évoquées sans être approfondies parce que le sujet du livre n’est pas là. Il est dans la lente et patiente et précieuse description du long, du pernicieux, du fatal effet de l’alcool sur un buveur.
Auteur : Ella Balaert
19 heures
Réserve indienne
Soir d’Halloween
Au Musée Rodin, il y a comme une chambre d’amis pour les œuvres de Camille Claudel. Dans cette chambre, il y a un portrait d’enfant, un portrait de petite fille plus exactement, connu sous le nom de « La petite châtelaine ». Ce buste en marbre a l’intensité d’un instantané photographique.
7h30 du matin
Rancheria indienne
Du verbe « grandir »
Je passais ma vie dans les trains. Les TGV, les Corails Intercités, les TER… Je passais mon temps à anticiper, à prévoir, à réserver, à courir d’un espace à un autre.
Midi
Dans une réserve indienne
Du verbe « sauver »
18 heures 30
Dans un motel

Quand j’habitais Paris, nous allions souvent aux Buttes-Chaumont ou au Parc de la Villette. « Corvée de square », me disait un ami de l’époque qui ne cessait de se revendiquer père (ça devait plaire aux filles, c’était un grand consommateur…) mais était incapable de s’occuper de son fils.
L’envoi de paquets était fréquent. Des livres le plus souvent – Gabriel était un gros lecteur durant les années collège – et être son pourvoyeur te plaisait.
14 heures
Dans une réserve indienne
8 heures du matin
dans une réserve indienne
Du verbe « mixer »
9 heures du matin
Dans une réserve indienne
Ces moments que nous partagions, Gabriel et moi, étaient toujours incertains et précaires car menacés par le couperet de notre future séparation. Crainte de le quitter, crainte de lui manquer et donc de le faire souffrir, crainte de ne pas supporter le manque.
Durant deux étés, nous avons passé une partie de nos vacances dans la maison de la mère de ma compagne, en Isère. J’étais sauvage et ombrageux ; je m’y sentais comme un étranger mais la gentillesse de V., la beauté de l’endroit, la présence bienfaisante de la nature contribuaient à me civiliser un peu.