Primaire, dit-il

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Elle est pas mal, la femme, j’ai bien aimé son accent.
Qu’est-ce que tu veux dire, terroir ? Oui, mais pas dans un sens péjoratif. Ok, mais c’est qui c’est ? D’où vient-elle, tu la connaissais ?
A chaque fois c’est le même coup, un groupe de mecs et une seule femme, comme pour représenter l’espèce, genre. Comme si pas de femme du tout, ils osaient pas, alors qu’au fond…

Lui, il m’a épaté question rhétorique, puis j’ai bien aimé ses blagues, c’était culotté. Tu veux dire rhétorique ou bagou ?
C’est pas pareil. Je veux dire quelque chose comme éloquence, parfois c’était vachement bien, quelque chose montait et on avait envie d’y croire. Mais une minute trente de temps de parole par sujet, qu’est-ce que t’y peux, toi ? ça peut pas monter bien haut, c’est pas calibré pour.
Moi de toute façon je préfère l’autre, il pense par lui-même, il a une dynamique, il peut surprendre !
Oui mais sa dynamique reste limitée au microcosme militant de l’ouest et du sud-ouest parisien, ça remplit pas un stade et il n’a pas l’ampleur, c’est aussi une question de costume, tu vois. De carrure. Puis il propose des trucs incompatibles avec l’UE que par ailleurs il soutient ! What’s the fuck ? Tu vois, je crois qu’il reste celui du milieu, au moins lui, il tient une position cohérente depuis des années : le social ne pourra se défendre en France qu’avec une certaine « démondialisation ».
Parce que tu crois, toi, que la « démondialisation » on peut la fractionner, genre doser le truc à la mesure du pays ? Tiens, cette année on part sur 20 % de « démondialisation » , on verra au prochain budget si on peut augmenter ? Écoute, au moins il a apporté des choses en terme de critique de l’Europe et de protectionnisme, et ça c’est de gauche, merde ! Enfin, je veux dire de gauche genre gauche de gouvernance…
Tu veux dire social-démocratie ?
Oui, justement. On y revient. Il faut peut-être y revenir après tout ! Cent fois sur le métier, etc. Mais il est le candidat d’une partie des frondeurs, sacrée casserole pour faire campagne : frondeur ça rime avec losers. Résultat des courses, il ne reste plus que le seul qui ait sauvé le quinquennat qui était pourtant bien mal parti dès les deux premières années ; et lui c’est vraiment pas le candidat des frondeurs, c’est le moins qu’on puisse dire ! De plus il a une certaine énergie, il regarde droit devant, courbe pas l’échine, ne s’excuse pas, pas honte, on sent l’amour de la France, une rectitude, de la dignité, t’as vu comment il leur a cloué le bec en rappelant que ce fut surtout le quinquennat du terrorisme ! Certes, ses positions sur l’Islam sont pour le moins gênantes… Enfin, c’était pas inintéressant pour un parti en coma dépassé, non, non, ne pas les enterrer tout de suite. Je repense à la femme, elle avait de la verticalité quand même, et je crois qu’elle était sincère.
Oui, sincère et complètement muselée, une excellente secrétaire d’État. Peut-être. De toute façon à l’arrivée va falloir se taper le problème du ralliement avec le banquier lyrique et je te parle même pas de l’hologramme ! Là, ça va saigner.

Candidates for France's left-wing primaries ahead of the 2017 presidential election (From L), Socialist Party (PS)'s former Economy minister Arnaud Montebourg, President of the Democratic Front (Front Democrate) Jean-Luc Bennahmias, founder of the new Ecology party "Ecologistes!" (environmentalists) and member of Parliament Francois de Rugy, PS' member of Parliament and former Education minister Benoit Hamon, PS' former Education minister Vincent Peillon, PS' former Prime Minister Manuel Valls and resident of the Radical Left Party (PRG) Sylvia Pinel  attend the first televised debate for the French left's presidential primaries, in La Plaine Saint-Denis, near Paris, on January 12, 2017 ahead of the 2017 presidential election. / AFP PHOTO / POOL / PHILIPPE WOJAZER