Andrzej Wajda (1926-2016)

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Andrzej Wajda est mort dimanche 9 octobre, à Varsovie, il avait 90 ans. Le cinéaste polonais avait d’abord voulu être peintre, avant d’intégrer l’école de cinéma de Lodz qui formera aussi Polanski ou Kieslowski.

Ses films seront une réflexion puissante et engagée sur l’histoire de son pays, la lutte contre le nazisme (Génération, 1955), le rapport complexe au communisme — L’Homme de marbre (1977) — la répression des grèves des chantiers navals de Gdansk — puis L’Homme de fer qui retrace l’épopée de Solidarnosc, palme d’or à Cannes en 1981. Son opposition au régime de Jaruzelski le pousse à tourner à l’étranger : Danton (1983), Un amour en Allemagne (1986) ou Les Possédés (1988) d’après Dostoïevski.

L’ensemble de son œuvre, puissamment politique, est traversée par l’Histoire et la littérature — adaptations cinématographiques, mises en scène de théâtre —, la place de l’homme dans l’histoire, avec quelques films aux accents plus autobiographiques comme Katyn, sur son père, officier polonais massacré par le NKVD, la police secrète de Staline, en 1940. L’homme du peuple, présenté hors compétition à Venise en 2013, est centré sur Lech Walesa, leader de Solidarnosc.

Wajda avait tourné son dernier film récemment, Powidoki, présenté au festival de Toronto en septembre dernier, un film qui représentera la Pologne aux Oscars, consacré aux dernières années de la vie d’un peintre d’avant-garde et théoricien de l’art, Wladyslaw Strzeminski, en lutte contre le pouvoir stalinien. Auteur d’une cinquantaine de films, victime du stalinisme.