Dans Erreur sur la marchandise, l’économiste Amine Messal propose de « reprendre » le libéralisme à ceux qui, selon lui, l’ont vidé de sa substance. L’essai, publié aux Éditions Rue de l’échiquier, se présente comme une tentative de clarification intellectuelle dans un moment où le mot « liberté » semble saturé de sens contradictoires.
Tribune
La réélection de Benoît Payan à la mairie de Marseille a quelque chose de véritablement paradoxal si l’on prend au sérieux la pauvreté assumée de la campagne qui l’a portée. Non pas une victoire fondée sur un projet, une vision, une promesse de transformation, mais sur un mot d’ordre minimal, sinon indigent : « C’est moi ou le Rassemblement National ! ». Comme si la politique municipale, dans ce qu’elle a de plus concret, d’urbain, de quotidien, pouvait se résumer à une alternative morale, à une sommation électorale.
Il suffit aujourd’hui de lever les yeux vers le ciel de l’Europe orientale ou du Moyen-Orient pour comprendre que certaines questions ne vieillissent pas. De l’Ukraine à Gaza, des drones aux missiles hypersoniques, la technique semble avoir perfectionné les moyens de la destruction sans jamais résoudre l’énigme qui la sous-tend : pourquoi les hommes se font-ils la guerre ?
L’affaire Epstein ne doit pas sa puissance de sidération à la seule horreur des crimes commis, ni même à la durée de leur invisibilisation, mais à la densité sociale des figures qui continuent de graviter autour de leur auteur bien après une première condamnation pénale… Ce qui s’impose, à mesure que les faits s’accumulent, ce n’est pas l’image d’un complot souterrain, mais celle d’un entre-soi persistant, méthodique, accepté, presque banal, au sommet des hiérarchies occidentales.
Le Vénézuela, l’Iran, l’Ukraine, le Groenland, Minneapolis, et la liste hélas risque encore d’être plus longue… Passons… Ce qui nous plonge désormais en plein réflexe pavlovien. Face aux prises de parole de Donald Trump, face à l’excès de ses formules, à sa grossièreté crasse, à la brutalité de ses attaques, à la pauvreté revendiquée de son vocabulaire, à son imprévisibilité assumée, à ses outrances répétées, à « ce tel niveau de vilénie » – comme aurait dit François Mitterrand–, une interprétation psychanalytique un peu courte surgit comme un diable de sa boite : il est fou !
Le 9 octobre 2023, deux jours après l’attaque terroriste du Hamas, M. Yoav Gallant, alors ministre de la défense israélien, annonçait « imposer un siège complet de Gaza ». Il ajoutait : « Pas d’électricité, pas d’eau, pas de nourriture, pas de carburant. Tout sera coupé. Nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence ».
Il est des dates où le langage tremble. Des dates où les mots, lestés d’histoire, deviennent des pierres d’achoppement ou de fondation.
« [L’action indirecte, telle que le vote,] détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. » (Voltairine De Cleyre, militante et théoricienne libertaire)
« La corruption du meilleur engendre le pire. » (Ivan Illich, philosophe)
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, altération du cycle de l’eau douce et effondrement de la » biodiversité ». Pour quelle raison, alors que nous mettons en oeuvre des actions écologiques depuis 50 ans, notre situation (celle du vivant en général) ne cesse d’empirer ?
Chère Ella Keidar Greenberg,
J’admire ton courage, ta détermination, ton action : refuser de participer à un meurtre de masse, à un génocide – au génocide que commet aujourd’hui l’État israélien à Gaza contre le peuple palestinien. Comme j’admire le courage et la détermination des autres jeunes refuzniks israéliens.
« Il faut beaucoup de courage pour embrasser ses erreurs. »
Donella Meadows, biophysicienne et systémicienne
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, effondrement de la « biodiversité » et altération du cycle de l’eau douce.
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024, augurant un emballement brutal et irréversible.
« L’éternelle question ‘la fin justifie-t-elle les moyens ?’ n’a pas de sens en soi. Le seul vrai problème […] est de savoir si telle fin justifie tel moyen. » Saul Alinsky
Aux yeux du philosophe Marc Crépon, l’État est violent par essence, et la non-violence utopique : « À l’origine de tout régime politique, il y a toujours de la violence. Pour savoir quelle est, de deux formes de violence, la plus légitime, nous devons en appeler à un principe qui transcende le droit, qui est celui de la justice. Autant dire que la paix, la non-violence n’existent que dans les intentions d’autant plus sujettes à caution qu’elles ne sont elles-mêmes pas dépourvues d’ambiguïtés. »
Selon l’activiste Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, libéré de prison à l’instant où j’écris ces lignes, « […] on ne peut pas qualifier la protection de l’environnement d’écoterrorisme, ça n’a aucun sens. L’écoterrorisme, c’est ce que font les entreprises de combustibles fossiles et Monsanto. Eux, ils terrorisent l’environnement… » Au-delà de cette mise au point sémantique, le mot « écoterrorisme » a été créé en 1983 par l’écrivain libéral Ron Arnold dans le but de dénoncer les « crimes pour sauver la nature » et fut depuis l’objet de romans et même d’accusations par des hommes politiques. Mais l’usage de la violence, que ce soit contre les biens ou contre les personnes, est-il toujours injustifié ?
À l’approche du 20 janvier 2025 – date épouvantail s’il en est –, un mouvement semble s’être initié avec çà et là des voix qui s’élèvent pour suggérer qu’il est temps de quitter X et Facebook… au profit d’autres plateformes qui seraient plus accueillantes, voire vivables. Sur le modèle même de la pensée d’Elon Musk qui cherche à coloniser la planète Mars avant que la Terre ne soit plus habitable, de plus en plus d’utilisateurs des réseaux dits sociaux songeraient sérieusement à décamper. Tout en se demandant : « Est-ce pour autant une bonne idée ? »