« Tout ce qui est apparaîtra ». (Dies irae)

 

Pour comprendre pourquoi les vaches regardent passer les trains, il suffit de regarder le comportement d’un troupeau de gnous. Dans le même temps qu’il broute, chaque gnou reste attentif, mais ne fait pas attention au seul indice d’un prédateur coulé dans les herbes hautes. Il est aussi aux aguets de ce que voient tous les autres et réagit au moindre signe que l’un d’entre eux pressent un fauve.

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Agoravox en 2005, Rue89 en 2007, Mediapart en 2008… En proposant à leurs lecteurs des contenus fournis par des rédacteurs « non professionnels » n’ayant ni carte de presse ni contrat de travail – et encore moins de rémunération – mais une simple connexion Internet (et un abonnement payant pour Mediapart), les tenants du journalisme citoyen, prompts à dénoncer aujourd’hui l’uberisation de l’économie voire de la société tout entière, ne seraient-ils pas les pionniers du phénomène ? Et de fait les médias en ligne n’ont-ils pas inventé l’uberisation du journalisme sous couvert du participatif ?

bibliotheque-elivre-sncf-abonnementSelon une étude commandée par la SNCF à l’Ifop, dans les trains dont les trajets durent plus d’une heure, 75 % des passagers lisent — pour prendre le TGV deux fois par semaine, l’auteur de cette brève a des doutes sur l’exactitude du chiffre, ou alors elle ne prend pas la bonne ligne. Toujours est-il que la SNCF a lancé la semaine dernière un nouveau service, le e-livre, permettant d’accéder à 100 000 livres numériques, gratuitement pendant 45 jours d’essai, et, à partir du 19 décembre, contre un abonnement mensuel de 9 € 90.