Du 8 au 12 octobre, se tiendra à Nantes la 24e édition du Festival MidiMinuitPoésie organisé par la Maison de la Poésie de Nantes et réunissant poésie, musiques, arts visuels.
Sandra Lucbert
Là où nous en sommes, le C’est ainsi, par où l’ordre capitaliste se fait passer pour l’intérêt général, promet de finir comme la maison Usher : écroulé. Les joints imaginaires ont tous été grattés, la direction générale du corps social apparait pour ce qu’elle est : une furie d’exploitation qui nous tient en joue.
On vous regarde éructer. On vous regarde suer la panique et la peur.
On vous écoute saturer l’espace médiatique avec le pot-pourri qui vous sert de cerveau. Essayer en vain de conjurer l’apparition qui vous a jetés dans cette détresse.
On reconnaît une proposition politique révolutionnaire à ce qu’elle suscite d’efforts des forces de l’ordre pour la faire disparaître.
À quelques semaines de l’élection présidentielle, Diacritik a sollicité autrices, écrivains et essayistes en leur adressant une seule mais terrible question : « Qu’attendez-vous de cette présidentielle ? ». Devant la confiscation manifeste du débat par la présidence, devant l’effondrement du débat public, peut-être était-il temps de relancer, de manière humble et modeste, une dynamique d’interrogations afin se demander ce qu’il advient, dans une France tenaillée par l’extrême droite, le néolibéralisme et l’épuisement de ce rendez-vous démocratique si sacralisé. Autant d’interventions au cœur desquelles résonne cette sentence de Leslie Kaplan à valeur de programme : « Il faut faire politiquement de la littérature et non de la littérature politique ».
(i)
Je commence par poser deux axiomes.
Axiome n° 1 : l’ennemi principal de toute politique d’émancipation est le capitalisme.
En 2019, Sandra Lucbert, sociologue et romancière, assiste au procès de France Télécom durant lequel sept dirigeants de l’entreprise sont jugés à la suite du grand nombre de suicides entraînant dans la mort des employés du groupe de télécommunications, des suicides dus à tout un harcèlement moral de grande dimension accompagnant un projet de licenciement étalé sur trois années de 22000 des membres du personnel.
Indispensable : c’est le mot qui vient à l’esprit pour qualifier le percutant texte de Sandra Lucbert, Le Ministère des contes publics qui vient de paraître dans la Petite Jaune de Verdier. Poursuivant avec encore plus de force le travail d’investigation ouvert dans Personne ne sort les fusils, Sandra Lucbert interroge la narration néolibérale de notre monde, ce qui en fait un récit aliénant et hégémonique sans même que nous le percevions. C’est pour sortir de ce conte, notamment sur la Dette Publique, que son texte offre les moyens ardents d’un réveil : sortir du rêve de l’autre mais avec les moyens de la littérature même, de la critique littéraire. C’est la littérature qui, plus que jamais est au cœur de son travail pour mieux se saisir du monde. Autant de questions que Diacritik ne pouvait manquer d’aller poser, le temps d’un nécessaire grand entretien, à Sandra Lucbert.
En 2019, Sandra Lucbert, sociologue et romancière, assiste au procès de France Télécom durant lequel sept dirigeants de l’entreprise sont jugés à la suite du grand nombre de suicides entraînant dans la mort des employés du groupe de télécommunications, des suicides dus à tout un harcèlement moral de grande dimension accompagnant un projet de licenciement étalé sur trois années de 22000 des membres du personnel.