Rencontres Diacritik/Atout Livre, 20 avril 2017

La troisième rencontre Diacritik/Atout Livre a réuni, jeudi dernier, Romaric Vinet-Kammerer et Julia Deck autour de la figure de Cookie Mueller dont les éditions Finitude viennent de publier Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir. La soirée était animée par David Rey. Diacritik vous propose de la revivre, via une captation sonore des échanges.

Jean-Luc Godard

Si les connexions entre poésie contemporaine et cinéma apparaissent d’emblée dans la réappropriation du cinéma en tant que sujet, thématique, figures, par le texte poétique, et en particulier dans les références filmiques très présentes qui entrent dans la composition des textes poétiques, le réinvestissement des pratiques cinématographiques dans le poème reste un axe des plus intéressants de convergences, d’influences, de porosité entre les deux domaines. La confrontation du texte poétique avec les outils techniques de l’écriture cinématographique sera ainsi l’axe privilégié dans cette première approche de la question « poésie contemporaine et cinéma », sous l’angle de leurs interférences et de leurs connexions.

Pour sa troisième édition, le jeudi 20 avril à 19 h 30, la librairie Atout Livres et Diacritik vous proposent une soirée autour de Cookie Mueller, en compagnie de Romaric Vinet-Kammerer, traducteur de Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir qui vient de paraître aux éditions Finitude. La rencontre sera animée par Julia Deck, romancière.

La 8è édition du Festival America aura lieu, à Vincennes, du 8 au 11 septembre prochain, rendez-vous incontournable pour les amateurs de littératures américaines. Diacritik est associé à plusieurs de ces rencontres et vous propose, durant l’été, de revenir sur quelques-uns des auteurs invités. Aujourd’hui, Alysia Abbott, pour Fairyland.

Nous qui nous rassemblons sur la Place des Innocents ce soir, nous sommes libres. Libres, nous choisissons de nous affirmer en tant que minorités en France à un moment où cette affirmation fière est plus que jamais nécessaire. Nous nous rassemblons ici ce soir, sur la place des Innocents, contre un monde qui s’acharne à nous effacer. Et pour nous imposer, nous avons besoin les uns et les unes des autres.

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Don Carpenter, né à Berkeley en 1931, a mis fin à ses jours en 1995. Il vécut longtemps en Californie avant de s’installer à Portland (Oregon). Il connut la guerre de Corée (dans l’armée de l’air), séjourna à Tokyo, fut scénariste pour Hollywood, délaissa l’enseignement pour se consacrer à l’écrtiture. Dans les années 80, accablé par un divorce, le suicide de son ami Richard Brautigan et la maladie, il mena une vie recluse, dans un petit appartement de Mill Valley, non loin de la baie de San Francisco. Son œuvre, pourtant culte, a longtemps échappé au public français. On doit aux éditions Cambourakis et à la traductrice Céline Leroy la redécouverte de ses romans, avec Sale temps pour les braves, La Promo 49, Strass et Paillettes et Deux Comédiens. Avant de de parler dernier roman, inédit, Friday’s at Enrico’s, Un dernier verre au bar sans nom (article à lire ici), retour sur les précédents titres parus.

Fairyland ou « notre royaume enchanté », « notre féerie », c’est le San Francisco des années 70, cet espace aux « frontières mouvantes » dans lequel Steve Abbott, poète, homosexuel, militant, éleva sa fille Alysia. Devenue écrivain, Alysia raconte leur histoire bouleversante dans un livre, Fairyland, qui tient des mémoires, de l’enquête identitaire et politique, du cahier de photographies, dessins, lettres, poèmes. Paru en grand format aux éditions Globe en 2015, le magnifique livre d’Alysia Abbott vient de sortir en poche, chez 10/18.

Julie Otsuka
Julie Otsuka

« Sur le bateau nous étions presque toutes vierges » : « nous », ces femmes japonaises — « certaines n’avaient que quatorze ans et c’étaient encore des petites filles » — qui traversent le Pacifique vers la Californie où les attendent leurs « fiancés », des hommes qu’elles n’ont jamais rencontrés. On est au tout début du XXe siècle. Masayo, Mitsuyo, Nobuye, Kiyono (et tant d’autres rassemblées dans ce « nous ») rêvent de vies nouvelles, d’amour, les photos envoyées au Japon ont fait naître l’espoir. Julie Otsuka trame leurs voix, les mêle en un « nous » incantatoire. Elle suit ces femmes, dit des vies, en de courts chapitres qui construisent, peu à peu, un roman choral aussi puissant qu’il est court et sobre.

Fairyland ou « notre royaume enchanté », « notre féerie », le San Francisco des années 70, cet espace aux « frontières mouvantes » dans lequel Steve Abbott, poète, homosexuel, militant, éleva sa fille Alysia. Devenue écrivain, Alysia raconte leur histoire bouleversante dans un livre, Fairyland, qui tient des mémoires, de l’enquête identitaire et politique, du cahier de photographies, dessins, lettres, poèmes.

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Balzac ouvrait Illusions perdues par l’histoire de Jérôme-Nicolas Séchard, en une fresque gourmande de l’argot typographique (les « ours », les « singes »), des presses, encres et papiers : le livre débute dans ses coulisses et sa machinerie, l’imprimerie, avant de parcourir tout l’espace du livre, des libraires (terme désignant alors les éditeurs) aux journalistes en passant par les écrivains dans l’étendue de leur typologie (ceux enfermés dans leur tour d’ivoire, radicaux ; ceux prêts à toutes les compromissions). Mais tout, dans Illusions perdues, est en rapport au monde du livre, jusqu’au clin d’œil ironique de Balzac qui croque un personnage d’imprimeur lié aux lettres jusque dans la forme de son nez, en « A majuscule corps de triple canon » ou son… sale caractère.