M train : 18 stations dans la « carte de l’existence » de Patti Smith, un voyage à travers les bars, cafés — elle qui a toujours rêvé de tenir le sien — et lieux qui l’ont inspirée, prétexte à l’évocation d’un univers littéraire, poétique, intime, puisque, comme l’écrit Wittgenstein, cité dans le livre, « le monde est ce qui arrive » et c’est bien ce monde tel qu’il advient que consigne Patti Smith, « zombie optimiste », « noircissant des pages somnambuliques ». Le livre, traduit en français par Nicolas Richard, paraît aux éditions Folio.

Certains romans vous embarquent, en quelques pages, comme les meilleures séries télé. Vous savez que vous ne passerez à autre chose que lorsque vous aurez eu votre dose, soit une journée et une nuit blanche… Les petites consolations, premier roman d’Eddie Joyce, est de ceux-là, redoutable, imparable. Paru en 2016 chez Rivages, dans une traduction de Madeleine Nasalik, il sort en poche aujourd’hui.

Nombre de romans américains parus ces dernières semaines rappellent l’essor et l’âge d’or français de ce genre (XVIIIè-XIXè siècles), un avènement lié à sa capacité à absorber le chaos, à classer un réel qui dépasse tout entendement et à tenter, sinon de le comprendre, du moins de le penser.
Deux microgenres romanesques semblent dominants dans ces publications récentes : les physiologies et les dystopies qui mêlent science et fiction pour mieux pour embrasser, classer et dépasser le réel. Tour d’horizon avec Garth Risk Hallberg, Lionel Shriver, Wednesday Martin et John Feffer.

Brooklyn © Dominique Bry

C’est un Brooklyn cosmopolite que décrit Boris Fishman dans Une vie d’emprunt, et principalement Midwood, South Brooklyn : « Ici, on était dans une ville étrangère, pour qui venait de Manhattan. Les immeubles étaient plus petits et les gens plus gros. Ils roulaient en voiture, et, pour la plupart d’entre eux, Manhattan n’était qu’une clinquante prise de tête. (…) C’était encore un monde en devenir. » Là vit le grand-père du narrateur, « au premier étage d’un immeuble de briques brunes occupé par des locataires soviétiques et mexicains qui l’empêchaient de dormir ». La famille Guelman a trouvé refuge à Brooklyn après avoir fui Minsk et « des mois d’angoisse apatride dans la beauté perverse de la Mitteleuropa et des rivages tyrrhéniens ».

New York © Christine Marcandier
New York, début septembre 2001 depuis le ferry de Staten Island © Christine Marcandier

Certains romans vous embarquent, en quelques pages, comme les meilleures séries télé. Vous savez que vous ne passerez à autre chose que lorsque vous aurez eu votre dose, soit une journée et une nuit blanche, dans la grande tradition moderne du binge watching — on est dans le binge-reading qui, après vérification, ne serait même pas un néologisme ! Les petites consolations, premier roman d’Eddie Joyce, est de ceux-là, redoutable, imparable.

Mtrain : 18 stations dans la « carte de l’existence » de Patti Smith, un voyage à travers les bars, cafés — elle qui a toujours rêvé de tenir le sien — et lieux qui l’ont inspirée, prétexte à l’évocation d’un univers littéraire, poétique, intime, puisque, comme l’écrit Wittgenstein, cité dans le livre, « le monde est ce qui arrive » et c’est bien ce monde tel qu’il advient que consigne Patti Smith, « zombie optimiste », « noircissant des pages somnambuliques ».