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La voix résonne dans le casque. The return of the Thin White Duke. La voix est à la fois présente et absente, détachée, ailleurs. Throwing darts in lovers’ eyes. David Bowie est décédé le 10 janvier 2016. Pourtant sa voix est toujours là, au présent, lançant des fléchettes dans les yeux des amants. It’s too late to be grateful, it’s too late to be hateful. Comment la voix d’un mort peut-elle exister ? Voix après la mort ? Voix vivante d’un mort ? Et qui est mort si la voix est toujours là ?

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The funeral of my youth

David Bowie est mort. La nouvelle est tombée comme un couperet, annonce froide et lapidaire du décès d’une légende du rock, un immense artiste et une personne, une personnalité hors du commun.

The stars look very different today. L’artiste venait nous livrer son testament, BlackStar, faisant de sa vie comme de sa musique, jusqu’au bout, un destin comme une œuvre d’art.

La semaine dernière, Diacritik parlait de lui au présent, quelques jours avant la diffusion sur France 4 du portrait dressé par Christophe Conte et Gaëtan Chataigner. Diacritik republie cet article, tel quel, au présent, in memoriam.

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Et si la pop musique était une expérience poétique ? C’était la thèse de Simon Critchley dans son David Bowie, philosophie intime : « Pendant un instant fugitif, la durée d’une chanson, d’une de ces chansons pop apparemment si simples, si bêtes, si puériles, nous devenons capables de défaire la créature en nous (…) et d’imaginer une autre façon d’exister, quelque chose qui relève de l’utopie ». La pop capture le présent dont elle offre la bande-son, dont elle fixe l’origine. Pour Critchley, alors âgé de 12 ans, ce fut le 6 juillet 1972. Quatre minutes durant lesquelles, moulé dans une combinaison molletonnée multicolore, bottines rouges lacées aux pieds, cheveux orange et guitare bleu pétrole en bandoulière, Bowie chante Starman, dans l’émission « Tops of The Pops » (BBC1). C’est l’irruption de l’étrange dans un univers normé, l’explosion des règles et des codes, une forme de sidération comme de sédition, l’arrivée sur terre de l’homme venu d’ailleurs, David Bowie. Un mystère que le documentaire de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte diffusé mercredi soir sur France 4 tente d’élucider : pour cela il faut revenir en arrière, faire défiler les multiples métamorphoses et incarnations d’un caméléon, d’un « conquérant de tous les futurs » et tenter de fixer ce fantôme dans un lieu qu’il a hanté, le mythique château d’Hérouville, celui qui abrita Chopin et George Sand mais aussi les plus grands groupes des années 70, un lieu dans lequel Bowie se posa par deux fois, pour Pin Ups (73) et Low (76) et dont un mur porte encore un graffiti.