Chanson douce est le second roman de Leïla Slimani, après Dans le jardin de l’ogre (2014) et se veut la poursuite d’une exploration romanesque du complexe territoire du féminin. Le livre a reçu, entre autres distinctions, le prix Goncourt 2016. Il sort en poche, aux éditions Folio.
Leïla Slimani
Un hashtag contestable mais efficace suivi d’une ahurissante défense de l’agresseur en péril pour finir par une mièvre tribune de Leila Slimani dans Libération : le débat lancé par l’affaire Weinstein peut-il faire autre chose que s’enliser ?
« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées ».
La réplique bien connue de Tartuffe (III, 2), tournait dans ma tête en lisant ces temps-ci, en cette rentrée 2017, le nouveau roman de Fouad Laroui, L’Insoumise de la porte de Flandre ou les essais de Fathi Benslama et Farhad Khosrokhavar, Le Jihadisme des femmes – Pourquoi ont-elles choisi Daech ? et de Leïla Slimani, Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc.
Au centre de ces ouvrages, même lorsqu’ils ne le mettent pas en première position, le corps féminin qui, depuis si longtemps, sollicite et dérange ; ce corps dont on ne peut se passer et qui, sous couvert d’habillages religieux, juridiques, philosophiques, n’en finit pas d’être dominé et manipulé, des femmes participant activement à son emprisonnement dans le voilement et le dévoilement. La question du pourquoi de cet acharnement n’a pas une réponse unique.
Chanson douce est le second roman de Lëila Slimani, après Dans le jardin de l’ogre (2014) et la poursuite d’une exploration romanesque du complexe territoire du féminin. Le livre vient d’obtenir le prix Goncourt 2016. Un Goncourt fade, pour un roman calibré.
Suite et fin de la mini série consacrée aux quatre prétendants au Goncourt 2016, après Catherine Cusset, Gaël Faye et Régis Jauffret, aujourd’hui la Chanson douce de Leïla Slimani, titre antiphrastique s’il en est, conte noir et fiction de fait divers, aux éditions Gallimard.