À mi-parcours, petit état des lieux de la troisième saison de The White Lotus, série phénomène arrivée sur les écrans de HBO en 2021. Hypnotique et dérangeante, la création de Mike White bouleverse bon nombre de codes et de spectateurs par son traitement frontal des névroses et des affects d’une poignée de privilégiés venus se ressourcer dans un complexe hôtelier où tout n’est pas que luxe, calme et volupté.

Juger une série sur la foi du premier épisode est un exercice périlleux. En découvrant une nouvelle production, on risque les bonnes comme les mauvaises surprises, de désillusions perdues en temps gagné à faire autre chose que de s’avachir devant un spectacle dispensable. Il arrive aussi que la frontière entre le bon et le moyen soit fine au point que si l’on ne passe pas un mauvais moment, on n’exulte pas pour autant, quand bien même le show runner s’appellerait Julian Fellowes, scénariste de Gosford Park, créateur de Downton Abbey et Belgravia.

Rust (not in) peace. Prenez un shérif qui tente de se sevrer de son addiction médicamenteuse, une mère de famille qui essaie de survivre malgré les dettes avec son fils ex-espoir du football, des secrets et un mal de vivre qui gangrène une ville entière et vous obtenez la trame d’American Rust, mini-série policière, drame familial, qui suinte le désespoir et se donne comme un portrait de plus des oubliés de l’american dream.

The Night Of, ou la série qui met à mal la conception idéalisée de l’Amérique et à nu des blessures encore vives nées du et après le 11 septembre. Une œuvre sombre, jusque dans sa forme, un drame en huit épisodes qui se garde de tout manichéisme et explore les multiples facettes d’une société composite qui a longtemps rêvé son mode d’existence comme un modèle du vivre ensemble. Si vous avez manqué The Night Of lors de sa diffusion sur OCS, Canal + propose une séance de rattrapage de la série de Steven Zaillian à raison de deux épisodes chaque lundi à partir du 30 octobre.

Avec deux épisodes diffusés depuis le 24 octobre dernier, The Young Pope peut d’ores et déjà s’enorgueillir du titre de série la plus immédiatement addictive du moment. Bénéficiant d’une couverture médiatique plutôt intense sur les chaînes du groupe Canal+ (et ailleurs, ne réduisons pas bêtement la nouvelle création originale au seul opérateur bolloréen), la série de Paolo Sorrentino possède tous les ingrédients d’un « hit » télévisuel, de son postulat et son casting à sa réalisation, en passant par sa photographie, ses dialogues, son sous-texte et son surréalisme assumés.