Le 42e prix du livre Inter 2016 vient de dévoiler sa première sélection. Les 24 auditeurs-jurés délibèrent cette année sous la présidence d’Agnès Desarthe. Ce prix, créé en 1975, est l’un des plus prescripteurs et ses choix sont souvent d’une grande pertinence — il a récompensé, ces dernières années et parmi d’autres, Céline Minard, Alice Zeniter, Olivia Rosenthal, Cloé Korman, Nina Bouraoui, Frédéric Boyer, Laurent Mauvignier, Mathias Enard, Nathalie Léger. Sont cette année en lice les romans suivants :
Edouard Louis
Après le juste succès de son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis revient en cette rentrée d’hiver 2016 avec Histoire de la violence, âpre et magistral roman, qui évoque cette terrible nuit de Noël 2012 où il rencontre Reda avec qui la douceur des premiers instants va tourner à la violence la plus nue et la plus sombre. Diacritik a rencontré Édouard Louis pour évoquer avec lui ce roman qui s’impose déjà comme l’un des plus puissants de l’année.
« Oui, je voulais parler » : ainsi s’achevait le texte publié par Édouard Louis dans Next en 2014, Le plus étonnant pour moi, un texte présenté comme la matrice possible de son second roman. Vouloir parler, comme un je peux et je dois, malgré tout ce qui m’en empêche, le sujet, la honte, la fuite nécessaire, le fait d’avoir déjà dit et redit ce qui s’est passé, à des anonymes (l’infirmière, le médecin, les flics) comme à des proches.
Tout l’été, la France, jamais repue de rebondissements que seule la presse sait lui offrir, a vécu au rythme cacochyme puis bientôt haletant d’un feuilleton pour le moins surprenant : Michel Houellebecq, sa vie et encore sa vie, objet d’une série d’articles d’Ariane Chemin dans Le Monde.
Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie publient un « Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique ». Ils dressent un constat avant de poser quelques « quelques principes éthiques pour la pensée et l’action ». Leur horizon ? « Redéfinir et transformer la scène intellectuelle et politique ».