© Laurence Bourgeon

Le tennis serait-il plus qu’un sport de compétition, alternativement joué dans le cadre de chelems courus en extérieur ou en salle, sur gazon, sur terre battue ou sur résine synthétique ? Serait-il plus qu’une activité de gentlemen, pratiquée depuis à peine plus d’un siècle sur du temps relativement libre ? Cette discipline n’aurait-elle pas des sources bien plus anciennes, remontant à l’époque de la Contre Réforme et du Siècle d’Or? Avant d’être un « jeu », le tennis dans sa forme initiale n’aurait-il pas été avant tout un instrument diplomatique prisé autant par Charles Quint, Henri VIII et les Conquistadors pour sceller des accords de paix, si ce n’est durable, au moins temporairement cordiale ?

Autant de questions qu’Álvaro Enrigue soulève avec malice, impertinence et non sans une indéniable clairvoyance historique dans son roman Mort subite, plus que justement récompensé par le prix Herralde en Espagne.

Le lexique personnel de Nick Cave (liste 18)
Le lexique personnel de Nick Cave (liste 18)

Dès sa dédicace, tout est liste dans Au bonheur des listes de Shaun Usher, récemment paru aux éditions du Sous-Sol. Manière de revoir l’ensemble de la structure de tout livre comme une liste de listes : les pages (liste), la table des matières (liste), l’index (liste), les remerciements (liste), etc. (liste virtuelle)…
La liste répond à la tentation d’un Penser / Classer cher à Perec — d’ailleurs présent dès la Liste 3 avec sa Tentative d’inventaire de tout ce qu’il a bu et mangé en 1974 —, d’une volonté de maîtrise : ne rien oublier, consigner avec les listes de courses (Galilée, Michel Ange), les listes de livres préférés d’Edith Wharton, celles de livres à lire pour Hemingway ; prendre ou conserver un pouvoir (décalogues et commandements, ici ceux de l’escroc, de la mafia ou les 11 commandements d’Henry Miller). Mais la liste répond aussi à une poétique, ce que ce livre illustre magnifiquement.

Le long entretien accordé par Denis Robert à Diacritik est à l’image même de l’écrivain-journaliste : chaque réponse est une affirmation de soi comme du résultat d’une enquête poussée. Le personnel rencontre le factuel et le questionnement initial est prolongé par des interrogations nées des propres réponses de l’auteur de Mohicans : la quête de Denis Robert semble sans point final possible. Un entretien en mode gonzo, un genre que l’auteur revendique.

La mèche est allumée le 30 octobre, soit une semaine avant la parution du livre de Denis Robert qui s’en est alors ému sur son mur Facebook. Livres-Hebdo, l’AFP, L’Express-L’Expansion consacrent des articles à la publication presque concomitante de C’était Charlie de Philippe Val chez Grasset et de Mohicans de Denis Robert chez Julliard.