La République à l’ombre des épées, oyez oyez c’est le Printemps qui revient !

On ne sait si l’on doit s’esclaffer ou trembler devant cette absurde photo sur laquelle on reconnaît notre Ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et le gentil-très-cool-sans-cravate comédien Jean-Marc Barr, propulsé parrain de la 20è édition du Printemps des Poètes, grande opération annuelle pour la promotion et la visibilité des poètes au sein généreux de notre start-up préférée, mesdames-messieurs levez-vous s’il vous plaît : la France !

Les Cesar ont définitivement un problème. Année après année, on se dit que l’édition prochaine sera la bonne, que l’animateur retrouvera l’inspiration perdue, que les auteurs des vannes et des discours des remettants arrêteront de se censurer au nom d’une pruderie et d’un respect qui annihilent toute spontanéité et finissent par transpirer l’obséquiosité (au point de faire ressembler les textes de remerciements davantage à des mots de premiers communiants obligés de gratifier mémé pour sa gourmette en argent achetée au poids dans une bijouterie en gros qu’à l’expression sincère d’une pensée cinéphilique qui rendrait grâce à la profession).

 Le Prix Lumière 2017 consacre le réalisateur hongkongais Wong Kar-wai. Celui-ci succède ainsi à Catherine Deneuve, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Ken Loach, Gérard Depardieu, Milos Forman et enfin à Clint Eastwood qui fût le premier, en 2009, à recevoir cette distinction récompensant chaque année une personnalité du cinéma pour l’ensemble de son œuvre et « pour contribution exceptionnelle à l’histoire du cinéma ».

En 1995, les spectateurs étaient conviés à Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain (A Personal Journey with Martin Scorsese through American Movies) puis à travers l’Italie en 1999 (Mon Voyage en Italie/Il mio viaggio in Italia), par un même réalisateur, rendant hommage aux cinéastes l’ayant inspiré et livrant, par la même occasion, une autobiographie. Bertrand Tavernier, très féru de cinéma américain, qui a par ailleurs préalablement salué ce cinéma avec 50 Ans de cinéma américain (coécrit avec Jean-Pierre Coursodon) et Amis américains, a emboîté le pas à Martin Scorsese.