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Non, ne vous moquez pas. Vous avez toutes et tous un jour fredonné Call Me Maybe dans la rue sur vos lecteurs MP3 en simulant le téléphone avec votre main, provoquant peut être quelques sourires auprès des passants ayant croisé votre chemin — oui, c’est du vécu. Avouez également !

Le produit Carly Rae Jepsen a le mérite de poser au moins une question : Comment un artiste peut il poursuivre sa carrière après un tube aussi écrasant et omniprésent que Call Me Maybe ?

C’est l’apocalypse ! La fin du monde n’est peut être pas si proche – je ne suis devin –, mais l’issue de l’année l’est bel et bien, généralement accompagnée de son lot de compilations et d’albums de « poids lourds » censés booster les ventes d’ici noël, pour peu qu’on offre encore des CD de nos jours (j’attendrai la sortie du vinyle du nouveau Lara Fabian avant de l’offrir à mon pire ennemi, c’est quand même un bien plus bel objet). Au programme des festivités 2015, voici un florilège de ce qui nous attend : Keen V vient d’arriver numéro 1 des ventes pour la sortie de son tout nouvel album, une collection de reprises de Barbara par Patrick Bruel – sacrilège – va être proposée, des centaines de millions de clics vont encore être enregistrés sur le dernier clip vidéo d’Adèle (qui rend hommage aux pires chanteuses hurlantes des années 90)… Et on l’inviterait bien à fermer son (téléphone à) clapet. Et J’en passe.

J’ai bien rigolé dans les années 1990 lors de la diffusion d’un reportage sur l’Eurodance de l’émission Capital sur M6. Une bande de jeunes filles fans de Capella, une des stars de ce courant qui a engendré les affreux Dance Machine, les Dr Alban et compagnie, était filmée à la sortie de l’enregistrement d’un programme télé où le groupe devait faire un playback. Les groupies couvraient alors de cadeaux la chanteuse du groupe avant que le journaliste ne leur révèle que la femme qui venait de monter dans une voiture, n’étaient pas l’idole qu’elles pensaient puisque la voix de l’album et celle qui dansait dans les premiers clips s’était fait éjecter par le producteur italien, pour d’obscures raisons, et avait été remplacée par une autre personne qui faisait de la simple figuration. Les jeunes demoiselles exprimaient alors tout leur dégout devant la caméra. « Je suis deg’, je lui ai offert mon bracelet préféré ».
Bon là, je dois dire que je fais moins le malin, victime que je suis d’une situation quasi similaire.

maxresdefaultNew Wave made in China. Le mot nouvelle vague reprend ici son sens et ne se limite pas à la désignation d’un genre musical. Témoin d’une société chinoise en mutation, qui est peut être au bout d’un cycle, Nova Heart, groupe de Pékin fédéré à l’initiative d’Helen Feng – DJ et ex animatrice sur MTV China, n’est peut être que le précurseur d’un mouvement qui ose le chant en anglais et qui s’adresse à tous, sans frontière. Jusqu’ici peu de groupes asiatiques arrivait jusqu’à nous, leur musique étant destinée souvent au « marché » local. Mais ici on ne parle pas commerce mais art.

 

Inutile de s’appesantir sur la passé, il n’a que peu de connexion avec le présent dans ce cas. L’auditeur peut parfaitement ignorer que la chanteuse du jour était l’une des 3 membres de The Pipettes, groupe féminin de Pop Indé qui a déclenché un petit buzz il y a 10 ans de cela, avant de tomber dans l’oubli avec un 2è album dance pourtant pas déplaisant.

Les compteurs sont remis à zéro.

Ariane Moffatt
Au tic tac de l’Horloge de Baudelaire, Ariane Moffatt offre en cette année 2015 un pendant digital sur un 5ème album, étrangement crépusculaire. 22H22 ? « L’heure où ma seconde vie commence ». 22H22 ? Bientôt la fin d’un cycle, et le début d’un autre. Mais quel autre ? A l’instar du poète, la québécoise semble s’interroger sur le déclin de la vie tout au long de ce disque magnifique, hanté par le temps qui passe, la jeunesse qui fane (Nostalgie des jours qui tombent), et va jusqu’à imaginer son propre requiem (Domenico).

New York, été 81 : les Clash partent à la conquête de New York et le roman du norvégien Frode Grytten, paru en mars dernier chez Buchet-Chastel, nous fait revivre ce summer incandescent…
Le récit est scindé en quatre chapitres et un épilogue, pour suivre tour à tour la manière dont les membres du groupe, Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Topper Headon, vivent cet étrange été durant lequel quatre Anglais aux « coupes de cheveux de nazes », Dr. Martens aux pieds, vont croquer la Grosse Pomme grâce à leur manager, Bernie Rhodes – « les Clash étaient le Parti communiste, et lui Joseph Staline ».
L’enjeu est de taille, le groupe est au bord de la faillite, « même London Calling ne leur avait rapporté que des clopinettes ». Alors ce sera New York et des concerts au Bond’s, parce que « tenir New York par les couilles, c’était tenir le monde entier par les couilles ».