« Les choses ne sont pas ce qu’elles sont ; elles sont ce qu’elles deviennent », écrivait Bachelard, cité par Sarah Hall en exergue de Comment peindre un homme mort (Christian Bourgois, 2010). La phrase aurait pu ouvrir Sœurs dans la guerre qui vient de paraître chez Rivages, formidable roman qui tient de la contre-dystopie, mise en récit d’un monde de cauchemar dans lequel une communauté de femmes tente de résister à la menace totalitaire comme au désastre écologique. Alors, oui, plus que jamais, être femme revient à le devenir autrement, à changer l’ordre des choses, dans comme par le récit.

Sylviane Coyault s’entretient avec Jean-Christophe Bailly, notamment autour du Parti pris des animaux dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».

La littérature n’a sans doute jamais autant dit son souci du vivant qu’aujourd’hui, et en marge de nombreux romans qui se saisissent de cet enjeu primordial, quelques essais empoignent avec force cette urgence, comme celui de Pierre Schoentjes, Littérature et écologie. Le mur des abeilles ou celui de Jean-Christophe Cavallin, Valet noir, tous deux publiés chez José Corti.

Dans le cadre de Littérature au Centre portant les liens de la littérature à l’animal, la comédienne Rachel Dufour et le comédien Cédric Jonchière donnent de la voix pour lire des extraits de Colette, Jean Giraudoux en écho prolongé au propos de Pierre d’Almeida sur la bête et l’écrivain. Ils sont musicalement accompagnés par Théophane Bertuit sur un enregistrement et un montage de Jean-Louis Bettarel.

Un an après le Pandémonium, le master écopoétique et création d’Aix-Marseille Université lance le Zoødiac, un nouveau projet d’écriture en ligne, sur le thème de la sixième extinction. Le poète Pierre Vinclair attend les premiers arrivants à bord de l’embarcation. La philosophe Vinciane Despret le rejoindra en septembre, pour le Festival Extra! (Centre Pompidou) et un atelier sur les Tombeaux de bêtes. Levez vos doubles zoomorphes et venez mêler votre voix au triste requiem sauvage de ce radeau sans retour…

Après être passée par les éditions Stock, Denoël et Buchet-Chastel, Juliette Ponce fonde les éditions Dalva pour publier autrement : une dizaine de livres par an, tous écrits exclusivement par des femmes, pour porter leurs manières d’écrire le monde. Alors que paraissent aujourd’hui les deux premiers livres des éditions Dalva — L’Octopus et moi d’Erin Hortle et Trinity, Trinity, Trinity d’Erika Kobayashi —, Juliette Ponce a accepté de répondre aux questions de Diacritik pour expliciter l’axe profondément situé et engagé de son catalogue, nous présenter ses premiers titres mais aussi ses rêves d’éditrice.

Il n’est rien de plus difficile que d’écrire sur un livre qui touche au plus intime. Rien de plus indispensable, non plus, puisque c’est précisément là que ce livre atteindra ses lectrices et lecteurs. Alors peut-être, pouvons-nous tenter d’aborder Valet noir de Jean-Christophe Cavallin par une citation, comme lui-même le fait au fil de ses pages qui tissent et construisent une écologie du récit — « frappé par la nature abstraite de l’absence ; et cependant c’est brûlant, déchirant. D’où je comprends mieux l’abstraction : elle est absence de douleur, douleur de l’absence — peut-être donc amour ? »

Jean Kaempfer s’entretient avec Caroline Lamarche (Nous sommes à la lisière, L’Ours, La Chienne de Naha, Dans la maison un grand cerf, etc.) dans le cadre du festival Littérature au Centre 2021, cette année en ligne en partenariat avec Diacritik. Une édition centrée sur « Littérature et animal ».

Qu’est-ce que la domestication ? C’est le passage de tout ou partie d’une espèce animale de l’état sauvage à l’état domestique, c’est-à-dire à un état où les animaux sont maintenus en captivité, logés, nourris, protégés et familiarisés par l’Homme en contrepartie de leurs produits et/ou de leurs services.

Un jour, alors que je ne le connaissais pas encore très bien, j’ai demandé à Barry de me raconter son plus vieux souvenir. Du tac au tac, le plus grand voyageur des lettres nord-américaines et le plus raffiné des hommes en quête spirituelle — un écrivain d’une sensibilité et d’une grâce mystiques qui s’était déjà enfoncé dans la neige jusqu’aux aisselles en traquant des loups en Alaska, avait décrit la migration des oies des neiges à travers le Canada et avait suivi l’enseignement de peuples indigènes aux quatre coins du monde et dans l’Arctique, plus particulièrement — s’est mis à disserter sur l’eau.