Dans Bassoléa, le récit s’appuie sur un dispositif optique. Le texte dépend d’un changement de point de vue, d’un déplacement du regard, rendus possibles par l’invention d’une machine à voir et à voir autrement, autre chose – à voir la vie à l’œuvre.
Category Archive: Ecocritik
Dans cette catégorie, retrouvez nos articles consacrés à l’écologie, à la terre, à l’écosystème, aux animaux et plus largement aux questions écopoétiques et écocritiques. Comme l’écrit Bruno Latour en introduction de « Face à Gaïa », « tout change dans la manière de raconter des histoires, au point de faire entrer en politique tout ce qui appartenait naguère encore à la nature — figure qui, par contrecoup, devient une énigme chaque jour plus indéchiffrable ».
Cette rubrique est conçue et animée en partenariat avec le Master Lettres à distance « Écopoétique et création », Aix-Marseille Université, formation à distance labellisée A*Midex : https://epokhe.hypotheses.org/master
« Il faut beaucoup de courage pour embrasser ses erreurs. »
Donella Meadows, biophysicienne et systémicienne
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, effondrement de la « biodiversité » et altération du cycle de l’eau douce.
François Dagognet favorise une certaine direction pour le regard philosophique : regarder ici-bas, contempler la matière. Mais ce ne serait pas suffisant : il faudrait que cette contemplation se concentre sur ce qui est considéré comme le plus bas, le moins signifiant non seulement pour le philosophe mais pour tout un chacun : les détritus, les graisses, les pierres, les déchets…
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024, augurant un emballement brutal et irréversible.
Brûlées, d’Ariadna Castellarnau, peut se lire comme une dystopie mais aux contours flous, une dystopie atopique en quelque sorte. Il n’est pas question de régime politique particulier ni d’époque clairement située – seulement d’un « mal » qui s’étend et gagne chaque être, chaque lieu, chaque chose. Les vies, le monde deviennent ce mal, le sont devenus, le deviendront.
« L’éternelle question ‘la fin justifie-t-elle les moyens ?’ n’a pas de sens en soi. Le seul vrai problème […] est de savoir si telle fin justifie tel moyen. » Saul Alinsky
Aux yeux du philosophe Marc Crépon, l’État est violent par essence, et la non-violence utopique : « À l’origine de tout régime politique, il y a toujours de la violence. Pour savoir quelle est, de deux formes de violence, la plus légitime, nous devons en appeler à un principe qui transcende le droit, qui est celui de la justice. Autant dire que la paix, la non-violence n’existent que dans les intentions d’autant plus sujettes à caution qu’elles ne sont elles-mêmes pas dépourvues d’ambiguïtés. »
Selon l’activiste Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, libéré de prison à l’instant où j’écris ces lignes, « […] on ne peut pas qualifier la protection de l’environnement d’écoterrorisme, ça n’a aucun sens. L’écoterrorisme, c’est ce que font les entreprises de combustibles fossiles et Monsanto. Eux, ils terrorisent l’environnement… » Au-delà de cette mise au point sémantique, le mot « écoterrorisme » a été créé en 1983 par l’écrivain libéral Ron Arnold dans le but de dénoncer les « crimes pour sauver la nature » et fut depuis l’objet de romans et même d’accusations par des hommes politiques. Mais l’usage de la violence, que ce soit contre les biens ou contre les personnes, est-il toujours injustifié ?
Avec Trash Vortex, Mathieu Larnaudie poursuit son exploration du pouvoir, en particulier d’un certain mode de celui-ci s’exerçant autrement que par la violence ou le simple fait de donner des ordres.
Entretien avec Laure Gauthier au sujet de son dernier livre, mélusine reoladed, où il est question, entre autres, de politique, d’écologie, de contes et de dystopies, d’imaginaire, de poésie, ou encore de Jean-Luc Nancy. Quand l’imaginaire littéraire devient un des points de vue à partir duquel penser notre monde et peut-être l’habiter.
Que ce soit dans les médias, à l’université ou dans les rayons des pépinières, l’intérêt pour les plantes va grandissant. Néanmoins la plupart des personnes les envisagent encore comme enracinées et fixes, tandis qu’on le sait à présent, les végétaux développent des stratégies de coévolution afin de rester mobiles et d’ensemencer le monde. Quels sont leurs différents modes de migration ? Qui sont les championnes du vagabondage ? En quoi la colonisation a-t-elle été un accélérateur de déplacements ? Entre domestication et liberté, qu’est-ce que les histoires de migration révèlent sur les peuples ? À travers vingt textes, l’ouvrage paru aux éditions Manuella en février 2024 réunit des penseurs émérites pour essaimer les réflexions et déboulonner nos préjugés sur les plantes invasives et les déplacements des végétaux.
Rencontre avec Marion Grange et Bronwyn Louw, deux chercheuses en littérature qui ont dirigé Les Migrations des plantes, ouvrage collectif qui rassemble une trentaine de contributeur.ices artistes, chercheurs et chercheuses, scientifiques. Ce livre nous plonge dans un faisceau de récits autour des plantes et de leurs migrations. À partir de plusieurs points de vue, prismes et focales, nous nous retrouvons dans des échanges intimes, informels où l’espace végétal devient un foyer de rencontres, où les frontières disparaissent.
Le livre de Laure Gauthier est un récit, un conte, une fable – à la fois une dystopie, de la SF, un texte poétique, politique.
A u cœur d’Une écologie décoloniale, sorti en poche chez Points il y a quelques mois (janvier 2024), un problème dont Malcom Ferdinand emprunte la formule à Hannah Arendt : comment « faire monde ».
Tomber dans les griffes d’un ours, se faire arracher la mâchoire d’un coup de patte, c’est inquiétant, traumatisant. Pourtant ce n’est dans Croire aux fauves ni un accident, ni un parcours de soin, ni une résurrection que nous offre Nastassja Martin. Croire aux fauves est plus proche du voyage onirique comme du rite de passage : c’est un récit de métamorphose comme le sont certains mythes autochtones, capables de transformer le monde au fur et à mesure qu’ils sont énoncés. Automne, hiver, printemps, été. C’est dans cet ordre que la jeune anthropologue française nous fait suivre sa transfiguration, vivre la métamorphose.