Reportage photo de Jean-Philippe Cazier. Paris, 13 juin 2020, place de la République.
Auteur : Jean-Philippe Cazier
Dans La maison indigène, il pourrait s’agir de souvenirs, de la recherche de souvenirs qui ont disparu, ont été refoulés, refusés, ou n’ont jamais existé. Il faudrait alors les rechercher, les inventer, les approfondir. Mais il s’agit surtout d’autre chose.
Extrait de How will i rest in peace if i’m buried by a highway?, premier EP du jeune musicien américain, plastic door// en est à la fois un juste résumé et seulement une facette.
Dans L’âge de la première passe, Arno Bertina ne se fait pas ethnologue : il n’est pas question de transformer des individus en objet d’étude, de les réduire aux catégories d’une langue préexistante, mais de les inscrire dans la langue en tant que sujets.
Le livre de Gabriela Cabezón Cámara, Pleines de grâce, est pluriel, articulant des différences sans nécessairement les différencier. Le récit s’élabore en subvertissant les codes sociaux et culturels – en inscrivant une différence par rapport à ces codes, en les inscrivant dans une différence par rapport à eux-mêmes – autant que les codes de la narration, favorisant la rencontre ou co-affirmation de points de vue divers, rencontre qui vient troubler et suspendre les identités habituelles. Si ce livre est aussi politique, il a comme visée première la destruction de l’identité, ou sa dissémination (visée qui est elle-même politique).