L’IA n’aura pas la peau des artistes (Pulp, Spike Island)

Pulp, Spike Island © Rough Trade

Le groupe de pop anglais Pulp vient d’annoncer son retour avec le single Spike Island dont le clip est une attaque en règle (mais pleine d’humour) contre l’utilisation de l’Intelligence Artificielle dans l’art, faisant écho aux nombreuses voix inquiètes chez les artistes concernés par le séisme sourd qu’elle constitue dans le domaine des droits d’auteur.

Pulp, Spike Island © Rough Trade

A partir des photos de la pochette de leur album classique Different Class sorti il y a 30 ans, les voici essayant de redonner vie à l’ancien artwork du disque grâce à l’I.A. Leurs images prennent vie, mais quelle vie ? Déformations de perspective, apparition de membres incongrus, erreurs de couleurs : « Perhaps I need to work on my prompts » apparaît plein écran. C’est bel et bien foiré, moche, nul. Et assumé, car le message est clair, et il n’y a plus qu’à en rire, tant le fake ne tient pas, qu’il n’a pas de consistance. « Is this modern? » « Really? », le clip interroge l’utilisation effrénée et insensée de l’I.A. Mais intelligemment, cherchant et trouvant l’ironie la plus fine et la plus réfléchie. Rien d’étonnant pour un groupe et un chanteur (Jarvis Cocker) auteurs de l’hymne pop cinglant et très à gauche Common People, qui reste une référence de la critique sociale made in England.

Pulp, Spike Island © Rough Trade

Le nouveau disque de Pulp, intitulé More, sortira le vendredi 6 juin sur le label Rough Trade.