Rogue Heroes (saison 2) : au service sacré de Sa Majesté

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La diffusion de la deuxième saison de SAS : Rogue Heroes vient de s’achever sur Canal+, les six épisodes étant désormais disponibles en replay (tout comme la saison une si par malchance vous auriez manqué la création de Steven Knight d’après le livre SAS : Rogue Warriors de Ben Macintyre. Réalisée par Stephen Woolfenden, avec au casting les excellents Jack O’Connell, Connor Swindells et Dominic West dans les rôles respectifs des très réels Paddy Mayne, David Stirling et Dudley Clarke, la saison 2 s’enrichit d’une montée en puissance et d’un antimilitarisme non feint au tournant de la seconde Guerre Mondiale.

Résumé de la saison précédente : le SAS a perdu son créateur et commandant en titre, David Stirling, fait prisonnier au milieu du désert par les Allemands puis, après s’être évadé, par les Italiens et emprisonné au fort de Gavi dans le Piémont en Italie continentale. En Afrique, le Major Paddy Mayne ronge son frein et contient difficilement sa rage naturelle en attendant de rencontrer le successeur digne de commander son unité. Ce sera le propre frère de David, Bill Stirling, qui sera en charge de diriger ces « héros voyous » voire de les sauver…

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L’action (re)démarre en 1943 à la veille de la campagne d’Italie et l’invasion presque île par île par les forces alliées remontant d’Afrique. Le SAS, rebaptisé SRS par le Haut Commandement, est en première ligne, assigné aux opérations de commando dont il s’est fait le spécialiste. Paddy Mayne et le 1er SAS sont donc envoyés derrières les lignes ennemies pour faciliter l’avancée du gros des troupes. Les hommes du SRS serait donc « expendables » (pour faire un parallèle avec la saga musculeuse débutée au cinéma en 2010). Sauf que… même si l’avertissement liminaire qui ouvre chaque épisode rappelle qu’il « faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit PAS d’un cours d’histoire », il faut aussi avoir en tête que Rogue Heroes est tiré « d’une histoire vraie ».

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C’est toujours une des forces de Rogue Heroes : raconter la grand histoire par le prisme de la petite, celle des hommes du SAS, de leur courage, de leur folie, de leurs (ex)actions, de leurs faits d’armes avérés. Mais dans cette saison plus que la précédente, avec un traitement resserré sur les personnes et personnalités de Paddy Mayne, Reg Seekings, John Tonkin… Loin de glorifier la guerre, avec une réalisation très soignée et une photographie lumineuse, Rogue Heroes s’attache à montrer les peurs, les doutes, les failles. Tout en rendant gloire aux héros, les créateurs de la série n’oublient pas de raconter l’horreur, de dire l’impact sur les psychologies de chacun des membres, qu’ils soient acteurs ou témoins des tueries, des actes de guerre comme des dommages aux victimes innocentes aujourd’hui appelées collatérales. Tous des victimes de guerre en fait.

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Certes un peu plus attendue, la bande son est toujours aussi surprenante avec ce parti-pris anachronique d’une musique hard et punk-rock qui accompagne le récit : The Clash, The Cult, Madness, Bauhaus, AC/DC… le décalage n’a plus la même saveur mais la musique sert toujours aussi bien l’intention des créateurs de la série de faire de Rogue Heroes un « spectacle » tout en délivrant quelques messages bien sentis sur l’inhumanité des hommes (des deux camps) à des degrés divers, telle la directive hitlérienne de tuer sans sommation et au mépris de la convention de Genève les commandos anglais faits prisonniers. Ou la décision du Haut Commandement d’envoyer le SAS en amont du 6 juin 1944, trente-six heures avant le débarquement au risque de le voir décimé sans remord.

Centrée sur la campagne d’Italie de 1943, la saison s’achève au soir du 5 juin 1944 avec le parachutage du SAS de Paddy Mayne en Normandie… On connaît l’histoire, mais on a très envie que Steven Knight continue de la raconter.

À suivre ? 

SAS Rogue Heroes, saison 2, de Steven Knight et Ben Macintyre. Réalisé par Stephen Woolfenden. Avec Connor Swindells, Jack O’Connell, Sofia Boutella, Dominic West dans les rôles principaux.
Série en 6 épisodes — Kudos Film and Television – K Films, BBC —, diffusée en France sur Canal+. 2025.