A l’occasion des représentations d’Eric von Stroheim au théâtre du Rond-Point, dans une mise en scène de Stanislas Nordey, rencontre avec le dramaturge et cinéaste Christophe Pellet pour un entretien où il est question, bien sûr, de théâtre et de cinéma, mais aussi du désir, de politique, de Bachelard, de l’image, de transgenre, des acteurs, de sexualité, de Racine et de fétichisme ou de l’importance d’inventer de nouveaux moyens de diffusion.

Jean-Clet Martin
Jean-Clet Martin

Asservir par la dette aborde d’un point de vue philosophique les rapports actuels du politique et de l’économique, ce qui conduit à reconnaître, de façon nouvelle, un débordement de l’économique hors de ses frontières et à envisager de nouvelles perspectives politiques. Ce qui revient aussi à mettre au jour les conditions présentes d’un nouveau pouvoir et des subjectivités contemporaines ainsi que des possibilités singulières pour un contre-pouvoir. Entretien avec Jean-Clet Martin.

 

Des jours et des nuits sur l’aire, Isabelle Ingold
Des jours et des nuits sur l’aire, Isabelle Ingold

Des jours et des nuits sur l’aire, d’Isabelle Ingold, est un film particulièrement beau et intelligent. Esthétiquement beau et intelligent. Politiquement beau et intelligent.

Le lieu unique du film est une aire de repos d’autoroute en Picardie. Unité de lieu donc, mais pas unité de temps, semble-t-il, puisque ce qui est filmé est une succession de jours et de nuits. A moins que l’unité de temps, ici, ne soit donnée, justement, par cette succession : le temps insiste, omniprésent dans sa répétition, immuable dans son écoulement. C’est le temps comme événement, implacable, le temps comme destin.

Une salle des profs en France
Une salle des profs en France

Près de 170 ans après avoir célébré comme une conquête ouvrière le droit au travail, c’est-à-dire la permission d’être exploité, voilà que maintenant d’autres battent le pavé pour défendre leur emploi. Les lois qui s’ajoutent au fur et à mesure des années ne font que bâtir sur ce fait économique premier, dont personne en réalité ne s’accommode : il n’y a rien de plus universellement dégradant que d’être employé.

Jeu1

Paru en 2013 et développé par le studio américain Galactic Café, The Stanley Parable est presque un jeu vidéo — on le décrit habituellement comme une fiction interactive. Nous pensons pour notre part qu’il s’agit d’un jeu vidéo critique. L’ironie mordante du titre annonce d’emblée un récit aux proportions bibliques, porté par un héros tout à fait commun. De fait, le jeu nous propose d’incarner le plus modeste employé d’une entreprise anonyme.

Paru en 2013 et produit par un seul homme, le développeur américain Lucas Pope, Papers Please est un jeu vidéo inclassable aux graphismes rudimentaires, qui n’ambitionne rien de moins que de nous faire jouer le rôle d’un petit fonctionnaire, chargé d’admettre ou non sur le territoire d’un pays soviétique imaginaire une foule qui se presse tous les matins à l’entrée de son checkpoint.