« J’ai une maladie, je vois le langage ».

L’affection est partagée, et se répand sur Internet comme un virus : taper « Graffiti » dans le moteur de recherche de FlickR ou d’Instagram, ces plateformes de partage de photos sur le Net, c’est risquer la surchauffe du système, l’incendie du hashtag, tant sont nombreux les groupes constitués autour de ce centre d’intérêt. Pourquoi l’univers numérique, dont on se plaît constamment à décrire l’immatérialité supposée, recueille-t-il avec tant de soin, cette écriture à même les murs que sont les graffiti ?

Vous ne le savez peut-être pas mais vous connaissez déjà Fred Le Chevalier : vous l’avez déjà croisé au détour d’une rue, en passant devant un mur terne ou sale soudain égayé d’un personnage hydrocéphale, de figures en blanc et noir, avec taches de couleur, rouge, vert, jaune. Fred Le Chevalier est un passant urbain, il déambule dans la ville et partage son univers pour pénétrer le nôtre et investir notre quotidien.