Deux auteurs nés à Douala (Cameroun), Yann Gwet en 1982 et Jo Güstin en 1987 proposent, en cette année 2019, une réflexion intéressante sur le devenir des « enfants de la postcolonie » en territoire de France, respectivement dans un essai autobiographique (Vous avez dit retour ?) et dans une sorte de journal fiction (Ah Sissi, il faut souffrir pour être française !). Ils le font en aboutissant à des propositions opposées, du moins dans le présent dans lequel ils s’inscrivent.

Djibril Tamsir Niane (DR)

En 1960, Djibril Tamsir Niane fait paraître Soundjata, l’histoire du plus célèbre empereur du Mali, qui vécut au XIIIe siècle. L’historien et dramaturge contribue ainsi à fixer et à faire connaître une épopée auparavant racontée uniquement par des griots, dans des cérémonies au déroulement très strict. La publication offre une très large diffusion à cette histoire de femme-buffle, d’enfant paralysé qui se dresse sur un arc, de sortilèges et de génies, de batailles où le monde se partage, de création d’empires.

Rédigé d’une traite tandis qu’il achève à peine ses études d’histoire à Bordeaux, Soundjata est devenu un véritable classique de la littérature africaine. À l’époque pourtant, les traditions orales n’étaient pas reconnues et Djibril Tamsir Niane a dû mener un combat pour leur donner une légitimité. Ses deux carrières d’historien et d’écrivain ont eu ce même objectif, sa vie durant : fournir une dignité aux récits de la tradition orale. Aujourd’hui à Conakry, Djibril Tamsir Niane revient sur son parcours et sur la genèse de son œuvre.