Quel enfant lance le mode « Carrière » de Fifa (16, 17, 18, 19…) sur sa console chérie, et choisit d’incarner, pour les 200 prochaines heures de sa vie ludique… un gardien de but ?
Quel auteur se lance dans un roman d’inspiration footballistique ou dans la biofiction d’un footballeur, et ne préfère pas narrer le destin d’un Garrincha ou d’un George Best — on aura reconnu Éloge de l’esquive d’Olivier Guez (Grasset, 2014) et Le Cinquième Beatles de Vincent Duluc (Stock, 2014) — plutôt que celui d’un gardien de but ?

En ce clair matin de novembre, le Prix Wepler – Fondation La Poste, sans conteste le plus beau prix de la saison, vient de couronner, comme à sa désormais habitude, l’un des meilleurs sinon le plus exigeant et brillant roman de cette rentrée littéraire, à savoir le titanesque d’histoires et fabuleux d’aventures Achab (Séquelles) de Pierre Senges, paru en septembre aux éditions Verticales.