Hybridité des personnages, des genres littéraires, de la langue… La dimension d’hybridité est résolument au centre de mélusine reloaded, le premier roman de Laure Gauthier, poétesse et performeuse. Paru dans le Domaine français des éditions Corti, il a reçu le Prix du Premier Roman Français 2024. Dans ce récit, à la fois fable féministe, dystopie écologique et conte futuriste, l’autrice réinvente la légende de la fée mi-femme, mi-serpent, pour en faire un personnage politique, (éco)féministe, qui œuvre à la reconstruction d’un pays post-démocratique. Écrit dans une prose poétique, mélusine reloaded est une critique écopoétique de notre société et de ses dérives, la quête d’une autre voie, prônant la force de la transformation en même temps qu’un lâcher prise nécessaire. Je crois au pouvoir de transformation de l’être humain », nous a confié Laure Gauthier. En l’acceptation de notre propre hybridité, donc.
Master écopoétique et création
C’est après avoir longé, en autostop, la frontière américano-mexicaine que Sylvain Prudhomme écrit et publie Coyote. Tissant paroles, polaroids, récits et influences cinématographiques, il rassemble les vérités qui coexistent dans la zone traversée. Comment rendre ces rencontres sensibles aux autres, aux lieux, à ce qu’ils racontent pour se fondre en elles ? Coyote, composé d’éclats d’histoires recueillis par l’écrivain-passager, est publié chez Minuit, six ans après « On The Road », un reportage commandé par la revue America et paru en 2018. Entretien avec Sylvain Prudhomme.
Quelle part de nous meurt avec et quelle part de nous survit aux lieux que nous habitons, quand le désordre climatique en périme les habitudes ?
Dans le cadre du Festival de la Terre (Correns, Cotignac, Le Val), le master écopoétique et création d’Aix-Marseille Université a présenté L’ÉTÉ OÙ LA RIVIÈRE A TARI, une proposition d’écriture de Loréna Bur (Confiances), Maud Grunenwald (Perdre les eaux) et Camille Ruiz (Canoës). Les trois textes ont été lus par Clément Amézieux sur le bord de l’Argens à Correns, devant la fontaine de la mairie à Cotignac et au vieux lavoir du Val.
Un an après le Pandémonium, le master écopoétique et création d’Aix-Marseille Université lance le Zoødiac, un nouveau projet d’écriture en ligne, sur le thème de la sixième extinction. Le poète Pierre Vinclair attend les premiers arrivants à bord de l’embarcation. La philosophe Vinciane Despret le rejoindra en septembre, pour le Festival Extra! (Centre Pompidou) et un atelier sur les Tombeaux de bêtes. Levez vos doubles zoomorphes et venez mêler votre voix au triste requiem sauvage de ce radeau sans retour…
Le 28 mai 2019, à l’occasion de la publication de Homo domesticus. Histoire profonde des premiers états, Diacritik et quelques étudiant.es du master écopoétique et création d’AMU ont rencontré James C. Scott dans le Quartier Latin. Preview.
Que peut la littérature ? Non plus ce qu’elle est ou n’est pas, précieuse tracasserie à l’usage de spécialistes, mais ce qu’elle peut aujourd’hui. Aujourd’hui comme chacun sait : premier tiers d’un siècle assombri par l’urgence écologique. La réponse n’est pas facile et fait penser peu ou prou à l’intellectuel qui bricole et, à défaut de marteau, s’avise de planter un clou avec le cul d’un bibelot. Enrôler la littérature dans l’urgence qui est la nôtre suppose un nouvel art d’accommoder les textes. Pour ne pas nous résigner à rester les bras ballants pendant que le bateau coule et que chacun s’est saisi de sa pratique ou discipline qu’il manœuvre comme une écope, interrogeons la vraisemblance d’un tel aggiornamento.
Diacritik inaugure une série d’entretiens explorant les nouvelles écologies du récit : que peut la littérature dans un monde en crise ?
Les éditions Wildproject célèbrent cette année leur dixième anniversaire : l’occasion de lancer cette série par un grand entretien avec leur fondateur, Baptiste Lanaspeze.