Isabelle Huppert Golden Globe 2017

Elle de Paul Verhoeven est un de ces petits miracles devant lesquels le cinéphile se sent humble, écrivait Jérémy Sibony il y a quelques mois, dans les colonnes de notre magazine. La force du film repose plus que tout sur le mythe que représente Isabelle Huppert, jugeait à son tour Joffrey Speno. Le Golden Globe qu’Isabelle Huppert vient de recevoir est, pour Diacritik, l’occasion de republier leurs deux critiques.

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La gorge serrée, le cœur triste, le ventre noué. Voilà les sentiments qui envahissent progressivement devant la projection du film de Maud Alpi, Gorge Cœur Ventre, ce titre semblant désigner en ces trois organes les cibles inéluctables de son discours. Dans un abattoir éclairé à la lumière de néons lugubres, des bœufs sont forcés et pressés de se diriger dans d’étroits couloirs dont l’issue débouche fatalement sur leur mise à mort. Ils tremblent, rechignent, hurlent. Un jeune homme est chargé de les y mener, accompagné de son chien.

Un lancinant vrombissement de moteurs accompagne l’inquiétant silence qui règne dans l’avion, à destination de Chypre, ramenant des militaires français d’une mission en Afghanistan. Tandis que la plupart des hommes sont endormis dans leurs sièges parfaitement alignés, une jeune femme est, elle, éveillée et s’agite. Portée par la curiosité, elle entrouvre timidement son hublot et rompt le calme mortifère en entamant une discussion avec sa voisine.