Continuer à tisser des liens avec la bande dessinée quand bien même on est conscient de la difficulté de faire passer ce qui anime matériellement ce territoire, dans ses plus étranges surgissements : ce qui circule d’une image à l’autre, d’une page à l’autre, d’une double page à l’autre, que les mots ont mal à saisir avec précision – l’histoire racontée (il arrive qu’il n’y en ait pas, mais c’est assez rare) ne gagnant rien à être redite de manière compressée ; et le trait, si singulier qu’il soit, ne pouvant être réduit à telle ou telle vaine description. Quoi de plus difficile à caractériser qu’un trait… ? Et pourtant, c’est par cette voie-là (qui est aussi voix, simultanément muette et parlante) que le courant passe – et que le cœur est touché.

Alors que, depuis octobre 2023, ce qui se présente sous les allures d’une riposte contre le Hamas se révèle être une entreprise de nettoyage ethnique, voire génocidaire, que les États et institutions internationales ne prennent aucune mesure efficace, que certains gouvernements participent en livrant des armes, en criminalisant toute dénonciation de la politique de l’État israélien, Elias Sanbar, dans La dernière guerre ?, explicite ce qui se déroule sous nos yeux, détermine les responsabilités, clarifie les termes, esquisse les lignes possibles d’un futur peut-être commun.