Votre âme est un paysage choisi / Que vont charmant masques et bergamasques / Jouant du luth et dansant et quasi / Tristes sous leurs déguisements fantasques, écrivait quelque part Verlaine. Parfois en effet l’on se déguise sous d’étranges atours, parfois l’esprit s’égare dans ses propres tours, parfois l’extravagance du masque permet de mieux se dévoiler. Féérie, de Nathalie Dentinger, paru aux éditions Le Dilettante, raconte la violence des adultes sur le corps des enfants, les travestissements que prend la douleur lorsqu’elle s’échappe et se transforme, les échappées et les errances que permet le décalage de l’imaginaire. Rencontre avec son autrice et les lueurs permises par la fantasmagorie.
enfance
En 1994, les éditions de l’Olivier publiaient Ma mère de Richard Ford. Le texte, d’une pudeur qui n’avait d’égale que sa sobriété bouleversante, était un questionnement de la filiation, entre identité et altérité. L’hommage à la mère tout juste disparue devient diptyque avec Entre eux, traduit en France en 2017 et qui vient de paraître en poche chez Points.
A eux. 2008. 2014
En 1994, les éditions de l’Olivier publiaient Ma mère de Richard Ford. Le texte, d’une pudeur qui n’avait d’égale que sa sobriété bouleversante, était un questionnement de la filiation, entre identité et altérité. L’hommage à la mère tout juste disparue devient diptyque avec Entre eux qui vient de paraître, juxtaposant « à la mémoire de ma mère » un « au loin, je me souviens de mon père ». Le déchirement identitaire y gagne encore en intensité : « en écrivant ces doubles mémoires — à trente ans d’écart — » il s’agit pour l’auteur de rappeler qu’il a été « élevé par deux individus forts différents, chacun m’imprimant sa perspective, chacun s’efforçant d’être en harmonie avec l’autre ». Tenter de « pénétrer le passé » est pour lui « une gageure dans la mesure où ce passé tend, sans complétement y parvenir, à faire de nous ce que nous sommes ».

Les Malheurs de Sophie, film de Christophe Honoré, est désormais disponible en DVD : à cette occasion, Diacritik republie l’article que Johan Faerber avait consacré au film lors de sa sortie en salles.
« Il ne s’agit pas de tourner avec des enfants pour mieux les comprendre, il s’agit de filmer des enfants parce qu’on les aime » lançait François Truffaut, vibrant de justesse et de tendresse, dans Le Plaisir des yeux, l’un des ses ardents recueils d’articles critiques, au cœur duquel, revenant sur certains de ses films comme L’Argent de poche, le cinéaste s’interroge sur la manière dont les enfants doivent être représentés et employés à l’écran.
La lecture de ces quelques pages merveilleuses, que les gens sans imagination pourraient qualifier hâtivement de bande dessinée, nous met en réalité face à des situations poétiques illustrées, agencées par une nécessité impérieuse qui nous ramène au récit.