Parfois deux textes, dans un collectif, valent à eux seuls impératifs de lecture. Ici, indéniablement, ceux d’Annie Ernaux et de Joëlle Zask, qui ouvrent et ferment un recueil centré sur la magie et le miracle toujours renouvelé de la lecture, du plaisir du texte. Et ils sont treize à dire Pourquoi lire, dans une forme de manifeste situant la lecture aujourd’hui, entre intime et théorie.

Dans l’introduction de Quand la forêt brûle (2019), la philosophe Joëlle Zask soulignait ne pas écrire en tant qu’« expert » ou « journaliste ». Son essai ne visait ni à « contribuer aux connaissances scientifiques concernant les feux de forêts ni [à] simplement informer » mais bien à « recourir au phénomène du mégafeu comme à un poste d’observation ». Dans Zoocities, paru en cette rentrée, ce sont les animaux sauvages faisant irruption dans nos villes qui sont cet « indicateur » et cette « alerte » ; ils sont un « poste d’observation » soit le signe d’un changement qu’il s’agit d’observer et commenter, pas seulement pour le comprendre mais bien pour accepter de changer nos représentations.

Alors que les modalités de la mise en œuvre de l’application StopCovid entrent en discussion au Parlement et que les possibilités qu’elle ouvre posent des questions capitales, nous avons voulu donner la parole à un spécialiste des dispositifs numériques modernes. Olivier Tesquet, journaliste à Télérama, est l’auteur du livre À la trace, Enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance, disponible aux éditions Premier Parallèle. Cartographe et historien du monde contemporain, son ouvrage comme sa parole tiennent de l’alerte essentielle.