Tout part d’Isadora Duncan, célèbre danseuse et chorégraphe des années 20 au destin tragique lié au décès de ses enfants. Dans Les enfants d’Isadora, Damien Manivel approche avec une immense délicatesse ce que pourrait être son héritage, celui de ses chorégraphies, des répliques de son chagrin, prenant des chemins insoupçonnés. Quatre femmes poursuivent ainsi à leur manière son œuvre, dans une temporalité cotonneuse propice à l’éclosion d’un sentiment de deuil, d’un partage de l’indicible. Il y a contenu dans ces gestes et l’attention formelle leur étant portée, une totalité évanescente, quelque chose de précieux aussi abouti qu’évanescent, qui se dérobe à l’instant où il éclot, saisissant par le cinéma la fugacité perpétuelle de la mort. Entretien avec Damien Manivel. 

« Il fabrique des images sans caméra ni décor, des instantanés qui traversent l’air timidement, à l’allure d’un fantôme et à l’air d’un éclair », glisse Suzanne Doppelt au cœur de son somptueux Rien à cette magie comme en exergue aux riches rencontres de ces 12è Enjeux contemporain qui, en cette journée du 24 janvier à Nanterre, ouvrent à ces écrivains qui entendent imager la phrase.