Mieux vaut ne pas avoir « vu » pour « imaginer plus », écrivait Giono dans Que ma joie demeure, exergue sous forme de programme narratif du dernier livre de Jean-Michel Espitallier, Cow-Boy. De son grand-père Eugène qui a quitté les Hautes-Alpes pour la Californie, l’écrivain ne sait rien. Tant mieux.

Dans Cow-boy, Jean-Michel Espitallier retrouve ce qu’il avait exploré dans La première année (et déjà, sous d’autres formes, dans les précédents livres) : une façon de subvertir le biographique, l’autobiographique. L’écriture est une écriture de soi mais à partir d’un monde se déployant et s’imposant par ce qu’il advient à d’autres : une écriture qui inclut de l’autobiographique mais qui ne forme pas une autobiographie.