Ça commence, chaque fin d’été, par la palanquée de romans qui paraissent dans le cadre de la « rentrée littéraire ». On dit qu’ils sont 459 cette année, répartis entre la fin du mois d’août, septembre et octobre — 459 romans, dont 68 premiers romans et 148 traductions. Je m’attèle alors à un drôle de travail : je sélectionne.

Plusieurs préalables dicteraient la lecture de La Spirale de l’histoire, le second tome des Utopiques que publie Gilles Jallet, après le tome 1 paru chez le même éditeur en 2023. D’abord, avoir vu in situ les fresques que Miklos Bokor (1927-2019) a réalisées dans la chapelle de Maraden en référence à la Shoah. Les avoir vues en reproduction (ou non). Puis, lire le livre pour lui-même en établissant une relation avec les livres précédents de Gilles Jallet en tenant compte (ou non) du texte Dans le secret de la rencontre, qui raconte comment Gilles Jallet est allé à la rencontre de Miklos Bokor (Libr-critique. La littérature dans tous ses états). Pour l’instant, on choisira une lecture pour le livre et rien que pour le livre.

La rentrée littéraire offre chaque année une inflation de titres romanesques, de livres empilés, de propositions bankables. Des noms connus d’auteurs people ont rendez-vous avec le succès, chaque année, en septembre, en même temps que la rentrée des écoliers : il s’agit d’occuper le premier rang, d’obtenir à tout prix un Prix (littéraire), une médaille de qualité dans le sillage des Jeux Olympiques qui nous ont familiarisés avec l’esprit de concurrence.

Le petit livre de Dany-Robert Dufour et Nicolas Postel pose une double question : D’où vient et où va le capitalisme ? Dufour commence par répondre à la première question, celle du capitalisme en tant qu’utopie, tandis que Postel poursuit en répondant à la seconde question, en quoi cette utopie mène à l’effondrement. In fine, face aux multiples interrogations, le duo d’auteurs entend proposer une alternative, pour un « penser autrement ».