Quand la littérature triomphe de la souillure : Raphaël Nizan (Sous le ciel vide)

Marind, Incendie de Notre Dame à Paris. vue depuis le ministère de la recherche (Wiki Commons)

Un jour de printemps du vingt-et-unième siècle, la plus célèbre des cathédrales gothiques du moyen âge brûle, et ce feu en ranime un autre, vieux de quelque trente ans, dans le cœur d’un homme bientôt cinquantenaire et ancien toxicomane, qui ouvre alors sa boîte noire émotionnelle et poursuit l’écriture de ce qui deviendra Sous le ciel vide, le premier roman de Raphaël Nizan publié aux légendaires éditions Maurice Nadeau, fidèles à leur réputation de découvreuses de talents littéraires. « Raphaël Nizan » : un écrivain œuvrant sous pseudonyme, mais que nul n’a besoin de présenter, puisqu’il suffit de le lire pour comprendre que d’une part il n’en est pas à son coup d’essai, et d’autre part que la matière qu’il a dépliée et sculptée avec une immense dextérité provient de ses tripes. « Et d’une certaine manière, écrire ces foutus textes en refusant ce que leurs publications pourraient m’apporter de visibilité dans une société où chacun ne vit plus que pour être connu, est sans doute l’ultime geste qui soit en cohérence avec ma vie et celui que je suis devenu aujourd’hui ».

L’incendie de Notre-Dame du 15 avril 2019 ramène donc le narrateur de Sous le ciel vide au printemps 1990, « au sommet du beffroi avec Ayla ». D’entrée de jeu, on apprend que sa petite amie et lui sont camés jusqu’aux yeux et usés jusqu’à l’os. Il revient sur leur situation impossible, leur « douleur », leur « état de fatigue avancée », « cette ville où nous errions depuis des mois », « à la rue », « amants maudits seulement préoccupés par nos recherches de came et les moyens de la financer », « nous qui nous vendions chaque nuit désormais », « nous croyions encore que cet amour qui nous liait était et serait toujours le remède absolu qui nous protégerait de tout… ». La première scène de flash-back du livre est une scène de jouissance amoureuse explosant au-dessus de la ville, au sommet du beffroi de Notre-Dame, après avoir fumé un énorme joint, « jouissant comme nous aurions doublement appuyé sur la gâchette d’un flingue chargé à la roulette russe » (p. 19), « notre défi d’enfants sous le ciel vide ».

Cette introduction exaltée et ces mots de « roulette russe » rappellent le poème de Diane di Prima, « Revolutionary Letter #1 » (« Lettre révolutionnaire #1 »), qui pourrait se traduire ainsi :

Je viens de comprendre que c’est moi qui suis en jeu
je n’ai rien d’autre
à donner en échange, rien à briser ou à brader que ma vie
mon esprit mesuré, ses débris, étalés
sur la table de jeu, je récupère ce que je peux
rien d’autre à fourrer sous le nez du croupier
rien à jeter par la fenêtre, pas de drapeau blanc
cette chair tout ce que j’ai à offrir, et pour ruser
cette tête pensante, ce qui vient avec, mon coup
alors que nous nous faufilons sur ce plateau de go, posant toujours
(nous l’espérons) nos pieds entre les lignes

Les premiers vers de « Revolutionary Letter #2 » (« Lettre révolutionnaire #2 ») viennent également à l’esprit, ils pourraient se traduire ainsi :

La valeur d’une vie un credo qu’ils nous ont appris
afin de nous instiller la peur et la torpeur, « on ne vit qu’une fois »
de la poudre aux yeux, nous sommes
aussi infinis que la mer, mélangés, nous mourons
un million de fois par jour, nous naissons
un million de fois, chaque respiration la vie et la mort :
lève-toi, mets tes chaussures, vas-y
démarre, quelqu’un se chargera d’en finir
(Diane di Prima, Revolutionary Letters, 1971. Trad. : Sabine Huynh)

Nous ne pouvons oublier non plus Dans la dèche à Paris et à Londres, l’un des premiers livres de George Orwell (1933), d’ailleurs évoqué par Raphaël Nizan en ces termes admiratifs : « Ce texte qui m’a toujours semblé le plus beau et le plus fort qu’il ait jamais écrit et qui a rejoint mon panthéon ». C’est dans le sillage des pas vagabonds de George Orwell, d’Arthur Rimbaud, de Charles Baudelaire, de Jack Kerouac et de John Fante que Sous le ciel vide de Nizan semble s’inscrire explicitement, en mettant des mots sur ce que la destitution, le dénuement, la déchéance, la disette, la dèche et la drogue dure peuvent faire subir de violent à l’être humain. En réalité, l’ambiance chez Nizan se révèle peut-être bien plus « trash » que chez ses aînés et plus proche du Junkie: Confessions of an Unredeemed Drug Addict de William Burroughs (1953), même si chez l’écrivain américain le ton était plutôt journalistique et l’accent mis entièrement sur la drogue (chercher, dealer, consommer), alors qu’avec Nizan le texte est plus humain et tourne davantage autour de la recherche désespérée de sens, et de l’absurdité d’une vie vouée « tout entière, au mépris des conséquences, et en déni d’une réalité féroce »… à l’écriture, après qu’elle fût vouée à la drogue : « Je devais écrire et raconter tout ce que j’avais déjà vécu, comme les Beats l’avaient fait, hésitant entre Sur la route et Junkie, sans savoir que la suite de l’histoire ressemblerait plus au Vol au-dessus d’un nid de coucou de Kesey qu’à la promesse de Kerouac ou à l’enfer de Burroughs ». Le narrateur révèle l’étendue de son désarroi, de sa honte, de son humiliation et de sa vulnérabilité, qui est sans conteste l’étendard de ce livre. Il s’insurge contre « la violence ou le mépris de ces parents qui étaient censés nous protéger et qui vous avaient rejetés parce que vous ne colliez pas à l’idée qu’ils s’étaient faits de vous, parce que vous ne leur ressemblez pas assez, parce que vos orientations sexuelles leur déplaisent, parce que vous n’êtes pas assez sage, assez beau, assez bon à l’école ou je ne sais pas trop quoi d’autre » – les parents, la société, les valeurs sociales, tous du pareil au même aux yeux du narrateur de Sous le ciel vide. Citons enfin Thomas Bernhard, qui partage avec Raphaël Nizan non seulement un éditeur, Maurice Nadeau, mais aussi la révolte, la rage et l’art de les écrire : « Et puisque nous en avons très vite assez de la comédie, du spectacle de l’existence, de tout l’art dramatique… un jour, en un seul instant, à l’instant décisif, nous nous jetons la tête la première dans la mort… mon thème, c’est la mort, comme la mort est votre thème aussi… […] je parle de la mort, ce que je dis, ce sont des paroles sur la mort ». (Thomas Bernhard, Ténèbres. textes discours, entretiens, trad. Claude Porcell, Lettres Nouvelles/Maurice Nadeau, 1986)

Ainsi, le désir secret qui animait déjà le narrateur alors qu’il n’était encore qu’un jeune réprouvé toxicomane, et qui lui a permis de tenir malgré tout, était celui de tout perdre pour pouvoir repartir à zéro, et écrire. Le manque de tout, qui provient du refus de tout (« remise en cause de l’héritage […] négation du lien familial, refus de la filiation […] protestation sans doute, mais aussi expérience fondamentale, quête d’une limite », cf. Jean-Yves Masson, dans sa préface à Écrire la faim de Séverine Danflous) se change en moteur de l’acte créateur qui permettra la reconstruction à travers l’écriture d’un soi détruit par des circonstances devenues impossibles à maîtriser. D’ailleurs, le narrateur, dont les deux passions principales depuis l’adolescence sont « l’Histoire » et « la littérature, dans laquelle j’avais décelé cet espace de liberté que je n’ai, depuis, jamais trouvé nulle part ailleurs » (p. 73), ne cite-t-il pas Burroughs et son fameux « pour être il faut d’abord désêtre », en s’accrochant, comme Kafka, à sa table de travail « avec ses dents » (Kafka à Max Brod, cité par Séverine Danflous dans Écrire la faim).

Orwell a écrit : « Vous passez la moitié de la journée allongé sur votre lit, dans l’état d’esprit du jeune squelette de Baudelaire. Seule la nourriture pourrait vous arracher à votre torpeur » (Dans la dèche à Paris et à Londres, trad. de Michel Pétris). Remplacez « nourriture » par « drogue » et vous vous retrouverez dans la piaule sordide avenue Ledru-Rollin occupée par le narrateur du livre de Raphaël Nizan. Comme le texte d’Orwell, ou même celui, autrement saisissant, de Knut Hamsun, La faim (1890), duquel il se rapproche sans doute plus de par son immédiateté poignante (pas de vitre entre le narrateur de Hamsun et de Nizan et ce qu’ils racontent, au contraire du narrateur d’Orwell, davantage observateur), surtout quand il fait état du manque cruel et insoutenable (de nourriture pour Hamsun, de drogue pour Nizan, consommée « avec la frénésie des affamés se jetant sur leur premier repas servi après des jours de jeûne »), le texte de Nizan est un texte enragé et engagé qui dénonce l’aliénation entraînée par le manque, la misère et l’exclusion, et critique les systèmes sociaux et familiaux coupables du rejet de leurs membres à la rue. Il dresse un portrait à la fois sociologique et psychologique des ravagés, avec honnêteté, sensibilité, compassion et tendresse : « ce réel goût des autres sans lequel on n’écrit rien qui vaille la peine ».

Hélas, les gueux ne peuvent se permettre de faire les fiers, ni de rester honnêtes, et ceux qui n’ont jamais connu la rue et le manque de tout ne peuvent se permettre de juger ceux qui s’échinent à leur survivre. La duperie est l’un des thèmes centraux au livre de Nizan : les riches roulent les pauvres, et à leur tour, les pauvres doivent tromper les riches afin de survivre. La loi du plus fort et du plus rusé règne dans les bas-fonds d’une Paris de la fin des années 80 et du début des années 90 devenue forêt primitive et obscure dépourvue de lois et de lumière, sans rien pour guider le narrateur égaré. Quiconque y a survécu vous dira qu’une fois remonté à la surface, il n’a jamais vraiment pu revenir à une vie « normale » et voir la ville comme les autres la voient, avec ses règles implicites, ses rues ordonnées, sa circulation routière régulée. Quiconque a été mis au ban et a vécu en paria trouvera toujours les règles de toute collectivité bizarres et artificielles.

« Avoir survécu à tout ça, faisait de moi, que je le veuille ou non, un homme privilégié. Un homme privilégié léchant encore ses plaies dans le secret de ses silences, caché derrière les rires du quotidien et cette bonne humeur communicative qui ne laisse pas l’occasion à qui que ce soit de se douter, ni d’imaginer ni… Un homme privilégié peuplé de fantômes tenaces et grimaçants qui ne le laissent jamais tout à fait en paix, mais un homme vivant ».

L’écriture de Nizan est un miroir qui reflète sans complaisance toutes les sensations et les émotions qu’il a éprouvées. L’attention est dirigée vers les effets du manque sur la dégénérescence morale et physique du narrateur, à travers des descriptions d’autant plus évocatrices qu’elles restent sobres. L’immédiateté du texte et l’accablement qui l’infuse prennent le lecteur à la gorge ; la tristesse T se trouve élevée en littérature avec un grand L. Le narrateur écrit non pas sur le naufrage et le manque, mais depuis ceux-ci, en plein cœur, comme le préconise le fameux poème d’Adrienne Rich, « Diving into the Wreck », « plonger dans le naufrage » (Diving into the Wreck, Poems 1971-1972).

« Paris était encore désert et la solitude pesait sur mes épaules comme jamais. Ayla me manquait affreusement, je ne savais pas où aller pour me réfugier, ni qui appeler pour me confier. J’étais seul, irrémédiablement seul, et le ciel qui s’étendait à perte de vue au-dessus de ma tête, aussi vide que pouvait être ravagé le cœur qui, pourtant, battait encore rageusement dans ma poitrine ».

Nizan écrit « sous le ciel vide », c’est-à-dire depuis un désert. Le manque est un exil, l’écriture du manque est une traversée du désert, une écriture de l’exil : en hébreu, les mots désert (midbar) et parler/parole (lédaber/davar) ont la même racine, soit dalet-bet-resh : davar, « chose », « parole ». L’écriture est une présence qui possède oreille ouverte et cœur battant ; l’écriture est un lieu où l’on peut s’abriter et vivre ; la parole qui libère provient du ventre et de son désert, un lieu d’exil qui offre la possibilité de réinventer la langue, et celle de Nizan est parvenue à se faufiler entre les ruines et les fantômes pour en ressortir plus triomphante que jamais, car vivante et intemporelle.

Il est des textes comme des chevaux pur-sang, puissants, sauvages, indomptables, désinhibés, estomaquants. Il est des auteurs qui possèdent un souffle rédempteur et inépuisable, malgré ce qui les étouffe. Sous le ciel vide et Raphaël Nizan en font partie. On les lit pratiquement sans respirer, comme si l’on dansait sur la corde raide avec eux, sur une chanson effrénée de Queen Latifah (pourquoi pas « Ladies First », mentionnée dans le livre). Sous le ciel vide est une véritable échappée, grisante, endiablée ; une course folle pour arriver au bout de la phrase, de la nuit et des souvenirs, encore vivant. On sent l’urgence et la nécessité absolues d’écrire. La langue enflammée de Raphaël Nizan s’avale d’une traite, et tord les boyaux au passage, mais on en redemande pourtant, de cette absinthe glauquée et enivrante. La plupart des phrases possèdent une telle force, une telle détente qu’elles produisent sur le lecteur l’effet d’une euphorie prolongée, même si on comprend en lisant ce livre que Nizan a payé cette longueur d’avance de sa quiétude intérieure, et qu’elle a été éperonnée par le désespoir intense d’antan, marié à l’ardent désir d’introspection d’aujourd’hui, tout aussi désespéré. On sent qu’il ne reste que ça au narrateur (mais quel trésor il possède avec une telle écriture !), qu’il a l’impression d’avoir presque tout gâché (« il m’a fallu des années pour parvenir à me pardonner. »), qu’avec ce texte il tente de se rattraper en rattrapant quelque chose qui lui aurait échappé alors, que ça lui a vraiment coûté d’écrire ce texte qui tue (cf. « la violence d’écrire » qu’Hélène Cixous écrivait avoir à « raconter » : « le livre n’est pas que de l’écriture ; c’est une arme ; c’est un méfait ; c’est une course au(x) secret(s). C’est une lutte contre la mémoire, pour le souvenir », L’Amour du loup et autres remords), ce texte couché avec sa sueur, son sang et son pus. On comprend qu’avec lui il a livré sa peau nue, d’écorché, en se livrant corps et âme au monde. Raphaël Nizan a écrit comme un moine bouddhiste s’immole.

Ce livre tourmenté n’épargne aucune question à ses lecteurs. L’analyse des situations, des choix (ou plutôt du manque de libre arbitre des protagonistes, qui se croient pourtant libres), des états d’âme et des sentiments, sous tous leurs angles, poussée à l’extrême, pourrait paraître alambiquée, alors que par son souci d’exhaustivité elle est d’une grande finesse, et, même s’il est vrai que certaines phrases, par leur longueur, peuvent parfois égarer le lecteur, leur gravité se justifie par le fait qu’elles reflètent fidèlement le trouble de l’écrivain lui-même, à la fois son aliénation, sa frénésie et ses errements d’alors, et son émotion d’aujourd’hui, au moment où il lutte pour donner forme et direction à cette matière mémorielle suffocante (il n’a jamais rien oublié) que des plaies non cautérisées et mal refermées ont échoué à contenir, et c’est là que réside tout le mérite de ce texte, dans cette lutte exténuante, illustrée par l’image reproduite sur la couverture du livre, qui montre Jacob luttant avec l’ange (Jacob, émergeant infirme de cette lutte mais grandi moralement), et, voyant ce tableau mis à l’avant ainsi, on ne peut s’empêcher de citer ce que Delacroix écrivit dans son journal à son sujet : « La peinture me harcèle et me tourmente de mille manières à la vérité, comme la maîtresse la plus exigeante ; depuis quatre mois, je fuis dès le petit jour et je cours à ce travail enchanteur, comme aux pieds de la maîtresse la plus chérie ; ce qui me paraissait de loin facile à surmonter me présente d’horribles et incessantes difficultés » (1861). Sous le ciel vide, « ce duel titanesque », ce texte arrache-cœur qui met à genoux, n’a pas dû être facile à écrire, au vu de ce qu’il narre et que nous ne raconterons pas en détail ici, préférant nous concentrer sur ce qui fait la force incomparable de son écriture certes torturée et embrasée, mais d’une beauté renversante dans son débridement, car alliant les contraires, la vie et la mort, l’eau et le feu. Ce texte se présente sous la forme d’un monologue, et pourtant, le narrateur se garde bien de ne se parler qu’à lui-même, tournant sa parole entièrement vers le lecteur, comme une grande question et une main offerte, et, dans la puissance de la langue, ce dernier n’a aucun mal à sentir l’odeur, la texture et la teneur de la réalité atrocement solitaire, désespérée, vide et fétide du cloaque au fond duquel le narrateur a échoué malgré lui.

La forme et le fond s’épousent parfaitement au sein de ce travail à la fois effréné et très maîtrisé. Pour être capable d’écrire ainsi, Nizan doit bien connaître sa monture, une bête au sang chaud qu’on imagine élevée parmi des révoltés comme Céline et Thomas Bernhard. Nous l’avons compris, Sous le ciel vide est un texte sentimental, féroce et généreux – car il y a de la générosité dans un tel épanchement narratif intime et introspectif, qui, loin d’être un étalage sirupeux, est extrêmement concentré, et s’avale cul-sec, comme un shot ; il est aussi serré qu’un poing et chacune de ses phrases fuse comme un uppercut, un tir de plomb, une claque retentissante, qui fait mal et réveille en même temps : un texte douloureux, honnête, perfectionniste et minutieusement auto-critique, né du pire et sauvant du pire, et ce n’est pas rien de le dire, que la littérature sauve.

Tous, nous devons à nos années sombres d’être qui nous sommes aujourd’hui, et, si nous sommes écrivains, nous leur devons le meilleur texte dont nous sommes capables : avec Sous le ciel vide, Raphaël Nizan, qui pour notre plus grand bonheur a remplacé la drogue par l’écriture, a rendu au centuple à son passé ce qu’il lui a fait encaisser, et nous reconnaissons en lui ce que Bernhard, dans l’un de ses discours de jeunesse, a reconnu en Rimbaud, sa façon admirable d’approcher la perfection par l’intermédiaire de la souillure : « Sa littérature était une religion unique, universelle, libérée de l’histoire, des attaches, et des fioritures, triomphante dans sa souillure et ses souliers en lambeaux ».

Raphaël Nizan, Sous le ciel vide, Les Lettres Nouvelles/Maurice Nadeau, septembre 2020, 111 p., 17