Annie Saumont
Annie Saumont

On donnera toujours de l’écriture à ceux qui n’en ont pas. On donnera toujours de l’écriture à ceux qui ne sont pas en mesure de l’écrire et de prendre la parole. On écrira toujours pour ceux qui peinent à se faire entendre parce que d’écoute ils ne reçoivent jamais. On n’écrira jamais autrement et jamais pour autre chose.
Tels seraient les quelques mots qui pourraient donner la mesure du projet d’écriture d’Annie Saumont qui vient de nous quitter, juste hier, elle dont l’œuvre ne vibre que de ce projet d’écriture, lapidaire et résolument politique, qu’elle poursuivait depuis bientôt un demi-siècle, avec assurance et obstination, elle qui est entrée dans la quête de cette écriture qui donne l’écriture, de cette parole qui, dans le langage, donne enfin les mots, de cette écriture qui parle enfin les mots, leur ouvre la parole et fraye dans la langue : Annie Saumont écrira donc toujours pour ceux qui n’écrivent pas, ceux qui sont condamnés à demeurer silence là où pourtant ils parlent, à demeurer inaudibles, là où pourtant on ne cesse de parler, là où pourtant on ne cesse pas d’écrire.

la la land

Une comédie musicale est toujours le pari le plus osé que puisse tenter de relever un cinéaste. Dans le meilleur cas de figure, le spectateur se sent soudainement des fourmis dans les jambes, se met à pianoter sur son fauteuil et peut même esquisser de légers mouvements d’épaules avant que son cerveau ne lui rappelle qu’il est dans un lieu public et que la peur du ridicule l’attache à son fauteuil. Ou alors, la magie ne prend pas et les personnages ressemblent à des alcooliques, le spectateur est gêné pour eux et regarde ailleurs. C’est ce qui fait la différence entre Chantons sous la pluie et Glee