C

e sont les jours où les habitants d’Irpen furent évacués. Les gens ont été conduits, parfois sous les balles, d’Irpen à Kiev dans de petits bus. Beaucoup de gens de la maison de retraite « Happy life », impuissants et épuisés, certains d’entre eux ne comprenant apparemment pas ce qui se passait. Puis, ils ont été transférés dans des bus plus grands et conduits à la gare de Kiev. La vieille dame sur la photo cache son visage en voyant les dommages et les carcasses brûlées dans les rues de Kiev.

Le verre brisé et brûlé de la fenêtre d’une maison où ma mère vivait quand elle était enfant. Gostomel est la ville où vivent des militaires, elle a donc été attaquée et durement bombardée dès les premiers jours de la guerre. Pourtant, les oiseaux qui volent derrière les fenêtres me donnent un signe d’espoir et peut-être un sentiment de soulagement.

Ce doit être un de ces longs dimanche du mois de février. Pour tuer l’ennui, je m’appliquais à suivre l’actualité de la campagne présidentielle. Valérie Pécresse tenait l’un de ses premiers meetings. Incrédule, j’écoutais ses mots désincarnés, ses espérances inauthentiques, ses envolées obligées pour correspondre aux habitudes de la parole politique en ces circonstances. Son exposé a suscité une incrédulité générale tant ses propos contrastaient avec l’état réel dans lequel elle se trouvait. Sa raideur confondait avec l’effusion émotionnelle requise dans « ces moments-là ».