On sait depuis les Batman de Tim Burton, et notamment son superbe deuxième opus Le défi, qu’il ne faut pas plus mépriser les films de super héros que les westerns il y a quelques décennies. Il aura fallu du temps pour que certains admettent que chez Ford, Hawks, De Toth et les autres, le film de genre se confond avec le film d’auteur — et on peut même toujours préférer un blockbuster réussi à un mauvais film d’auteur. Avec Joker, la question ne se pose plus.

CmbbGsyXEAAH36q.jpg_medium

Le dernier film de Michael Cimino est donc Sunchaser. C’est officiel et c’est dramatique. Figure tutélaire du nouvel Hollywood, au côté d’autres maîtres comme Scorsese, Spielberg, Lucas, Coppola, DePalma ou Friedkin, Michael Cimino incarna ce mouvement, jusque dans ses excès. Le succès de Voyage au bout de l’Enfer  fut l’un des sommets de cet âge d’or. L’échec des Portes du Paradis précipitant la chute de cette « politique des auteurs » au cœur de l’industrie hollywoodienne. La deuxième partie de sa carrière fut un long déclin : Un dernier grand film, un dernier film maudit, son premier film sans intérêt, son premier navet : Sunchaser. Il n’aura donc jamais réussi à réaliser son rêve d’adapter La Condition humaine  de Malraux. Accessoirement, il n’aura jamais réalisé mon rêve de cinéphile : le voir adapter La Route de Cormac McCarthy…