« C’est du Finnmark et de la Norvège du nord que je rêve. La lumière me met en extase. Elle se présente par couches, et donne une impression d’espaces différents qui sont en même temps très près et très lointains. On a l’impression d’une couche d’air entre chaque rayon de lumière et ce sont des couches d’air qui créent la perspective. C’est mystique. »
Anna-Eva Bergman, A-Magasinet, 21 avril 1979

Je ne sais plus dans quelles circonstances j’ai découvert Anna-Eva Bergman (sans doute en musardant sur la toile), mais ce fut un coup de foudre immédiat.

On aurait envie de prendre le titre du livre d’Emmanuèle Jawad, Interférences, comme une invitation à penser la survivance de quelque chose du spéculatif, mais non pour viser un au-delà du texte et l’excéder dans un commentaire, ni pour dire seulement qu’ici « on photographie l’appareil en train de filmer on la photographie qui regarde l’appareil en train de filmer » (vertige de la mise en abyme).

Alliés dans la création, Michèle Métail et Louis Roquin parlent dans cet entretien des inventions qu’ils mettent en œuvre, des rencontres qu’ils provoquent entre leurs recherches, des coïncidences fécondes qui apparaissent, des principes qui les guident. L’ensemble pouvant sans doute être réuni sous une règle qui défait toute règle : déborder des cadres.