Alors que deux des principaux poètes ayant activement participé au Collectif Change, ce rassemblement d’écrivains en rupture avec Tel Quel et Sollers qui s’est formé aux alentours de mai 68, et qui aura marqué la vie littéraire et intellectuelle jusqu’à la fin des années 1970, avant d’éclater à son tour –  Jacques Roubaud et Paul Louis Rossi – nous ont quittés ces derniers mois, il nous importe plus que jamais de célébrer un vivant : Jean-Pierre Faye, âme de ce Collectif du premier au dernier jour : un des derniers rescapés de l’aventure, avec Philippe Boyer (94 ans cette année) qui a depuis longtemps tourné la page, et Didier Pemerle (82 ans) qui a publié récemment Débandades chez Flatland.

Pendant “les fêtes” (appellation dont le sens m’échappe parfois – ou plutôt qui me conduit à m’échapper, notamment par la lecture), j’ai continué à explorer l’œuvre de Roberto Bolaño, auteur aujourd’hui fameux (comme en témoigne le dernier Goncourt qui se réclame à haute voix de lui), dont je dois avouer n’avoir lu jusqu’ici que les livres de taille relativement modeste – le  plus marquant dans mon souvenir étant La littérature nazie en Amérique (en passionné de vies imaginaires, de Schwob à Borges) et le plus épais, Le Troisième Reich (à quoi s’ajoutent plusieurs recueils de nouvelles, de brefs romans comme Étoile distante, et l’essentiel de la poésie).

Envisager la pensée politique de Nietzsche peut engendrer une certaine perplexité tant elle s’avère complexe et non exempte d’apparentes contradictions. Si bien qu’on se demande si ce projet a un quelconque sens. Dans une lettre à son ami Rohde en octobre 1868, le philosophe ne se déclarait-il pas lui-même étranger à la définition d’« animal politique », ajoutant dans la foulée avoir « contre ce genre de choses une nature de porc-épic » ?