Trentième et avant-dernier épisode de Terrain vague pour 2024. Pour rappel : 30, c’est 2 x 3 x 5, soit le premier nombre premier multiplié par le deuxième multiplié par le troisième. Jouer avec les nombres, c’est à la fois respecter certaines contraintes et devoir tricher – par nécessité ; et aussi par jeu. Au fond, ce qui compte c’est de ne pas s’arrêter : de continuer, en inactuel attentif à ce qui se trame dans les marges de l’actualité. Le prochain épisode sera le dernier de l’année ; et pourtant, comme les précédents, il sera aussi à sa manière avant-dernier : ne fermant rien, ouvrant des voies – pour qui ? pour quoi ? Peut-être doit-on toujours avancer sans but préétabli. C’est simplement une activité : manière de ne pas céder au silence, pourtant crucial dans cette affaire. So May we Start ?

L’année 2016 étant terminée, il est à présent possible d’en faire un bilan cinématographique sous la forme du « top » auquel s’adonnent bon nombre de rédactions. Si l’exercice est critiquable — particulièrement lorsqu’il s’applique aux domaines culturels —, parce qu’il trie arbitrairement et hiérarchise, la contrainte qu’il présente recouvre néanmoins une vertu.

Orchestrée depuis 1982, la divulgation de Visite ou Mémoires et Confessions (Visita ou Memórias e Confissões) ne devait se faire qu’après la mort de Manoel de Oliveira, survenue le 2 avril 2015 à l’âge de 106 ans. Revenu ainsi d’entre les morts, le réalisateur livre un film autobiographique en ouvrant les portes de la maison où il a vécu 40 ans.