En écho à la deuxième saison de son cycle « Histoire du Vertige » à la Maison de la Poésie de Paris, Camille de Toledo s’est livré le temps d’un grand entretien pour Diacritik sur les grandes lignes critiques et poétiques de son travail. Avant de se consacrer mardi dès 19 h lors du second épisode au Livre de l’intranquillité de Pessoa, Camille de Toledo évoque les généalogies brisées, la littérature comme puissance de savoir et la mort comme intime frontière entre vérité et fiction.
Le Livre de la Faim et de la Soif
« Ce que j’espère, du lecteur, c’est de l’interprétation ».
Camille de Toledo
Le livre de la faim et de la soif est un roman difficile à présenter parce que ses qualités ont la même teneur que le cœur fuyant de l’existence qu’elles nous font toucher du doigt : elles sont aisées à ressentir mais périlleuses à saisir avec les mots de la langue.
Camille de Toledo a construit un dispositif de narration complexe, un labyrinthe miroitant dont les facettes nombreuses se reflètent les unes les autres dans une incandescence narrative qui nous immerge au cœur du tumulte de notre monde en pleine mutation. Du début du livre jusqu’à la fin, le lecteur se trouve précipité dans la quête aventureuse d’un personnage abyssal, un livre à vrai dire, avec ses pages et sa reliure, un livre donc, obsédé par le désir de sortir de lui-même pour entrer dans la vie.
Vendredi dernier, 10 février 2017, a eu lieu la première soirée Diacritik / Atout Livre, organisée conjointement par Johan Faerber et David Rey : le premier invité et parrain naturel en était Camille de Toledo qui a longuement évoqué pour le public présent son dernier roman, Le Livre de la faim et de la soif (Gallimard), mais aussi son rapport à la fiction, au monde, à l’écriture. Diacritik vous propose de revivre cette rencontre animée par Johan Faerber, via une captation vidéo de la soirée et une série de photographies signées Jean-Philippe Cazier.
Ce vendredi 10 février débute le cycle des « Soirées Diacritik » à la librairie Atout Livre qui devient le partenaire de nos rencontres littéraires et critiques où, régulièrement, un auteur viendra échanger avec la revue et le public autour de son œuvre.
Ce nouveau rendez-vous, animé par Johan Faerber (Diacritik) et David Rey (Atout Livre), s’ouvre vendredi à 19h15 avec Camille de Toledo à l’occasion de la parution de son neuf et fort roman, Le Livre de la Faim et de la Soif (Gallimard).
« Ce qui attire le lecteur vers le roman, c’est l’espérance de réchauffer sa vie transie à la flamme d’une mort dont il lit le récit » avance, au tremblement de son existence bientôt dérobée, Walter Benjamin afin de dessiner du conteur cet art du récit qui, en offrant aux hommes la vive chaleur d’un destin couronné de mort, finit par leur révéler le sens de la vie.