Afin d’éclairer sur l’actuel bras de fer entre les radios privées et le gouvernement, j’invite tout à le monde à (ré)écouter l’instant M du 13 juin 2016, l’émission média de France Inter, animée par Sonia Devillers. En effet depuis 22 ans, ces diffuseurs sont tenus de respecter un quota de 40 % de chansons françaises dans l’ensemble de leur programmation. Seulement voilà, seulement 10 chansons, oui 10, représentent à elles seules 70% de cette sélection. Et parmi ces 10 titres, on retrouve parfois le même interprète. Résultat, seuls Maître Gims, Louane, Soprano et consorts bénéficient d’une exposition leur permettant d’accéder mécaniquement aux meilleures ventes et aux Victoires (Universal) de la musique.

Si on a grandi loin de la mer, d’un lac, d’une rivière, on n’a pu apprendre à nager que dans une piscine, et si on a débuté dans l’écriture loin de tout milieu littéraire, la seule chance de se faire éditer restait souvent d’envoyer ses textes à des revues. Un grand nombre d’auteurs leur doivent leurs premières publications, et ce, de tout temps. Ainsi notre révérence et notre reconnaissance s’adressent ici aux revues littéraires (Diacritik les aime et leur consacre une rubrique du journal) et à La piscine en particulier. Dans La piscine, cinquante-six auteurs et artistes, qui pour la plupart n’en sont pas à leur coup d’essai, ont participé à la création de cette nouvelle revue graphique et littéraire tout à fait prometteuse.