LIVRE. Dans « Continuité des parcs », Julio Cortázar raconte que j’avais commencé à lire le roman quelques jours auparavant, dans un café où j’avais rendez-vous avec un homme qui n’est jamais venu, et que je l’ai abandonné à cause d’affaires urgentes puis que je l’ai ouvert de nouveau dans le train, en retournant dans ma propriété ; ou alors je ne l’ai pas reconnu mais il était au fond de la salle, il m’observait. Il prenait des notes.

Benoît Virot est éditeur. Mais cette phrase est un leurre. Peut-être faudrait-il dire que Benoît Virot est un caméléon, un touche à tout, un fondu du livre, capable, quand vous le rencontrez, de vous parler, avec la même passion communicative d’un livre qu’il vient de publier, d’un roman paru chez un confrère ou d’un auteur du passé considéré comme mineur et injustement oublié qu’il voudrait que l’histoire littéraire réhabilite.