The Irishman : trois heures trente de pur cinéma signées Martin Scorsese font revivre l’ascension et la chute de Frank Sheeran, tueur de la mafia qui aurait assassiné Jimmy Hoffa. Avec un casting de septuagénaires passés par les plus grands standards du film de gangsters – dont certains réalisés par Scorsese – The Irishman est un chef d’œuvre, une anthologie du crime de plus dans la filmographie du réalisateur. Et l’accomplissement d’une boucle temporelle cinématographique.

« On ne s’absout pas de ces péchés dans une église, on le fait dans la rue, le reste ne vaut rien, et je le sais ! », déclarait Harvey Keitel au début du Mean Street de Martin Scorsese, cinéaste ayant toujours mis la foi et le mystère au cœur de son œuvre. Il aura fallu des années au cinéaste pour réussir à monter l’un des projets qui lui tenait le plus à cœur : Silence, magistral film sur la foi et le doute.

Roly Serrano dans le rôle de Maradona. Sorrentino, Youth, 2015
Roly Serrano dans le rôle de Maradona. Sorrentino, Youth, 2015

Youth est un cinéma qui a besoin d’oxygène. Comme le vrai-faux Maradona (Roly Serrano) qui apparaît dans ce dernier film de Sorrentino. L’ancienne star du football désormais obèse, ne peut en effet se déplacer qu’avec un appareil à souffle portable pour suppléer à ses problèmes respiratoires. Maradona n’est pas la seule figure qui sature le film, il y en aura d’autres, d’autres apparitions qui ajoutent du kitsch narratif à cette pellicule asphyxique : la Reine Elisabeth, Miss Univers, Hitler, la pop star Pamela Faith (la vraie), un moine bouddhiste qui lévite. Pour parler la langue de Youth : Youth is too much et c’est de cela qu’il se tue. D’autant plus que le réalisateur ne cesse d’asséner des vérités philosophiques hautes en poncifs, et de nous les donner en pâture à coups de sketch qui s’insèrent dans des séquences temporelles plus dilatées, suspendues, cherchant à atteindre un air fellinien.