Dans les prisons de la dictature franquiste, la faim, la torture et la mort étaient le quotidien, mais existaient aussi la solidarité, la constitution d’une communauté, qui permettaient de résister et de survivre.
C’est ce que le journal de l’écrivain, cinéaste et traducteur espagnol Manuel de la Escalera nous montre avec précision et sobriété. Dans Mourir après le jour des Rois, il retrace ses premiers jours dans les couloirs de la mort de la prison d’Alcalá de Henares, entre décembre 1944 et janvier 1945.

Le livre d’Anthony Poiraudeau s’ouvre sous le signe d’un rêve géographique, urbain et lexical où surgit l’image de la ville d’Aranjuez – ville que le rêveur n’a jamais vue mais dont il est certain qu’elle correspond à celle nommée Aranjuez : « Comme si, connaissant un mot sans en savoir le sens et rencontrant pour la première fois l’objet qu’il désigne, l’évidence s’imposait de faire de l’un le signe de l’autre ».

 

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Ce que l’on voit des images qui proviennent de Catalogne, c’est la violence policière, la violence d’un Etat dont la logique politique est une logique policière. Ces images montrent avec évidence que la police ne protège pas le peuple, elle protège un Etat dont la politique nécessite les coups de matraques, les coups de pieds, de poings, la violence aveugle des « forces de l’ordre ».

Louis Salkind © Jean-Philippe Cazier

Louis Salkind est le créateur d’une peinture traversée par les idées de différence et d’hybridation qui s’articule autour d’un travail sur le signe et la polysémie, agence des références plurielles à l’histoire de l’art ou à la vie quotidienne autant qu’elle est guidée par la logique du rêve et des propositions de l’inconscient. Rencontre avec le peintre qui évoque ici son parcours, ses processus de création, certains des thèmes de ses peintures : l’animal, le corps, la mythologie, le monstrueux, l’altérité –, mais aussi la psychanalyse, le théâtre ou l’œuvre de Gilles Deleuze et Félix Guattari.

© Laurence Bourgeon

Le tennis serait-il plus qu’un sport de compétition, alternativement joué dans le cadre de chelems courus en extérieur ou en salle, sur gazon, sur terre battue ou sur résine synthétique ? Serait-il plus qu’une activité de gentlemen, pratiquée depuis à peine plus d’un siècle sur du temps relativement libre ? Cette discipline n’aurait-elle pas des sources bien plus anciennes, remontant à l’époque de la Contre Réforme et du Siècle d’Or? Avant d’être un « jeu », le tennis dans sa forme initiale n’aurait-il pas été avant tout un instrument diplomatique prisé autant par Charles Quint, Henri VIII et les Conquistadors pour sceller des accords de paix, si ce n’est durable, au moins temporairement cordiale ?

Autant de questions qu’Álvaro Enrigue soulève avec malice, impertinence et non sans une indéniable clairvoyance historique dans son roman Mort subite, plus que justement récompensé par le prix Herralde en Espagne.

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Voici un livre étonnant que publient à Liège les éditions Fourre-Tout : il est fait de 500 feuillets encollés les uns aux autres et réunit les archives d’un projet de transformation en musée d’art moderne et contemporain du vieil Arsenal de Maubeuge. C’est là qu’au terme de diverses péripéties devait naître un Centre Pompidou Mobile — bien moins coûteux que le Pompidou de Metz. Mais ce projet, écrit Emmanuel Caille, rédacteur en chef de la revue d’A qui rapporte les faits en introduction au volume, a été emporté avec pertes et fracas par l’élection qui remplaça en mars 2014 un maire socialiste par un maire UMP-UDI.