Il y a peu, Charles Coustille nous donnait sous le titre d’Antithèses (Gallimard) les résultats de l’enquête pour le moins originale qu’il avait conduite parmi les grands auteurs français. Il y croisait les mondes littéraire et universitaire, en prenant l’exemple de quatre auteurs majeurs du XXe siècle (j’omets ici Mallarmé) qui s’étaient engagés dans le projet d’une thèse sans jamais aboutir. Parmi les cas passés en revue, le plus remarquable était celui de Charles Péguy, un Péguy que Coustille plaçait haut dans ses admirations tout en sachant que l’écrivain était à demi oublié aujourd’hui.

La saison des essais n’a pas encore débuté que Charles Coustille et Léo Lepage viennent déjà, avec Parking Péguy, de signer en cette rentrée littéraire l’un des plus remarquables et plus neufs essais critiques de ces dernières années. Parking Péguy interroge ainsi l’œuvre de Charles Péguy, son legs et sa postérité, à la manière d’une exploration, notamment photographique, de la France par les lieux qui portent le nom de Péguy.

Voici un livre étonnant. Il rassemble des auteurs aujourd’hui illustres qui, autrefois, ont commencé une thèse universitaire, l’ont poussée loin, puis n’ont pas abouti — renonçant ou échouant. L’auteur, Charles Coustille, inscrit ce propos qui peut paraître anecdotique dans une perspective plus vaste jusqu’à se demander : qu’est-ce qu’une thèse en fin de compte et quelle fut l’histoire de sa version française ? Ou bien encore : qu’est-ce que le thétique, cette belle notion toute embuée de mystère ?