Pour Silvina Ocampo (Buenos Aires, 1903-1993), l’acte d’écriture allait au-delà de la publication elle-même. Elle se livrait en effet à une écriture secrète, car elle cherchait à demeurer dans l’ombre, loin des obligations sociales que le milieu aisé dont elle était issue lui imposait. Dans son livre posthume Sentinelles de la nuit, nous découvrons cet univers nocturne, où les différentes formes fragmentaires explorées sont autant de tentatives – volontairement ratées – d’un autoportrait.

Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.
Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.
Olivier Steiner : Alors, cette grasse mat, terminée ?

Clément Bénech : Oui à peu près !

OS: Sorti hier soir ?

CB : Non, écrit et lu (Rosset, L’Invisible)

OS: Bien ! Good boy ! ça doit te plaire, Rosset, j’imagine bien que ça te plaise.

OS:  C’est français « j’imagine bien que ça te plaise ? », j’ai comme un doute soudainement.

CB: Haha je suis très fan oui… ça me semble français, ça me choque pas !

OS: Bon. Tu sais qu’on est pas tout à fait seuls en ce moment ?

CB: Dans l’univers tu veux dire ?

OS: Oui, ça, déjà, c’est sûr, c’est même certain. Mais dans cette fenêtre de tchat non plus. Je pense à Diacritik tu sais, j’aimerais publier un dialogue avec toi, de l’écriture courante comme aurait dit l’Autre. Et puis ça fait des lustres qu’on se s’est pas vus, pas vraiment parlés….